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Archives LVE 1965. Les agrumes à prix garanti

Il y a 60 ans, l’OCE est allé acheter aux producteurs leurs agrumes à des prix garantis. La décision a été annoncée par Abdelhamid Zemmouri, ministre du Commerce. Les prix fixés ont donné satisfaction aux producteurs.

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Abdelhamid Zemmouri, ministre du Commerce, a exposé, le 6 octobre à Rabat, les décisions qui ont été prises par SM le Roi et le gouvernement concernant le rôle de l’OCE dans la campagne d’agrumes et de primeurs.

De cet exposé, on retiendra les points suivants :
Conformément à ce qui avait été prévu en juillet lors de l’annonce des mesures de nationalisation, l’OCE se portera acquéreur des tonnages exportables d’agrumes et de primeurs.

L’Office passera contrat pour ces achats avec les producteurs, ce contrat assurera au vendeur un prix minimum garanti pour chaque catégorie de fruits ou légumes et pour chaque qualité. La détermination de la catégorie dans laquelle le fruit ou le légume entre et donc du prix qui lui est applicable est effectuée lors du passage dans la station de conditionnement.

Cependant, des acomptes seront versés aux producteurs, au moment de la livraison, selon des barèmes précis. Ces mêmes producteurs recevront, enfin, au-delà du prix minimum garanti, une participation aux bénéfices de la commercialisation, après chaque phase de la campagne.

Chaque producteur devra remettre sa production à une station de conditionnement qui lui aura été désignée, l’OCE aura passé un contrat avec chacune des stations de conditionnement agréées, contrat prévoyant une commission pour les opérations effectuées par la station : transport de la propriété à la station, traitement et emballage, transport au lieu d’expédition où la marchandise est prise en charge par le service fret de l’OCE.

L’exportation est assurée par le service fret de l’OCE. Les taux de fret ont d’ores et déjà été conclus entre l’Office et les différentes conférences maritimes, à des taux plus avantageux que l’année dernière.

À leur arrivée dans le port étranger, les fruits et primeurs sont vendus par un commissionnaire avec lequel l’OCE a passé contrat (le taux de commission étant de 4,5%). Les sommes encaissées devront, en vertu de ce contrat, être versées au compte de l’OCE dans les 6 jours suivant la vente.

Tel se présente donc, dans ses grandes lignes, le processus de commercialisation. Au stade de l’application, un certain nombre de problèmes restent à mettre au point.

Le ministre a annoncé que le conseil d’administration de l’OCE a pris la décision d’acheter toute la récolte et de ne pas commercialiser pour le compte du producteur. Il s’agit là d’une option qui présente, malgré les risques, de nombreux avantages.

Elle donne à la nationalisation voulue par SM le Roi tout son sens, car elle permet une planification intégrale de tout le secteur depuis la propriété jusqu’aux marchés d’importation. Dans le cas contraire, l’OCE, exportateur unique, se serait trouvé face à des milliers de producteurs qui, par leur seule existence même sans les interventions incessantes à prévoir, auraient entravé et paralysé son action.

Elle rassure les producteurs qui appréhendaient une campagne placée sous le signe de la taxe compensatoire de la CEE et qui s’inquiétaient de la nationalisation des exportations et de l’inexpérience qu’ils supposaient à notre organisation de vente.

Les prix qui ont été fixés donnent satisfaction aux producteurs. Ils ont été calculés en fonction de ceux de ces dernières années, mais avec les correctifs qu’imposait la grande inconnue qu’est devenu le Marché Commun.

Au cas où les marchés seraient en définitive meilleurs qu’on ne peut le supposer aujourd’hui, l’OCE partagera la plus-value qui existera à la fin de la campagne. l’État prend seul tous les risques d’une commercialisation difficile et dans l’éventualité d’un bénéfice, le producteur retrouve sa part.
Pour chaque variété, six prix ont été établis au kilo exporté : 3 pour la catégorie 1, 3 pour la catégorie 2, selon les trois groupes de calibres existants, et un septième pour les écarts de triage.

Cet achat permet à l’État, sans attendre le retour des fonds produits par la vente et dont les rentrées sont encore lointaines, car la campagne n’est pas imminente, de verser au producteur des acomptes, de lui fournir une trésorerie dont il a besoin, précisant que le premier acompte lui sera versé à la signature du contrat, c’est-à-dire courant octobre pour les précoces, clémentines et navels.

Le contrat qui a été établi donne au producteur-vendeur toutes les garanties pour permettre une signature rapide après une information complète du producteur.

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