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Archives 1985 : Le grand projet Hay Ryad prenait forme

Il y a 40 ans, un remarquable projet en matière d’habitat et d’urbanisme sortait de terre. De 100 à 143 DH le mètre carré, pour une population initiale de 200.000 habitants, le nouveau chantier avançait rapidement.

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Aux portes de Rabat prend forme un projet nouveau et novateur. Un projet qui a fait couler beaucoup d’encre !

Nouveau, le projet l’est non pas par la date de son lancement, il y a maintenant une dizaine d’années, mais par le fait qu’il suscite l’étonnement général par la rapidité avec laquelle les travaux avancent sur le site.

Après une longue période de stagnation, la Société d’aménagement Ryad a, en effet, réalisé en 20 mois de travaux, depuis septembre 1983, plus de 50% de la viabilisation, transformant de façon radicale le paysage urbain.

Novateur, le projet l’est également par le caractère original de son urbanisme, le confort des équipements, la rigueur de sa gestion, entièrement informatisée, et la compétitivité des prix pratiqués, sans aucun rapport avec ceux affichés dans d’autres opérations tant publiques que privées.

Une réflexion très originale a conduit à mettre au point un montage financier complexe et rigoureux basé sur l’actualisation des prix du terrain précédemment fixés en 1979, la rémunération des fonds déposés par les attributaires depuis 1976, la péréquation au profit des lots individuels du prix des zones commerciales et des zones d’immeubles (70 hectares bruts) et le recours au marché financier garanti par l’État.

Bref, tous les éléments que vivent les entreprises modernes soucieuses de compétitivité et de santé financière.

Certes, compte tenu du passif, la Société d’aménagement Ryad bénéficie de l’appui logistique de la Direction du contrôle technique de la construction (dont elle occupe une partie des locaux) au plan technique et personnel, ainsi que de l’aide apportée par la Caisse de dépôt et de gestion au plan financier.

Le directeur général de la Société d’aménagement, Ryad M. Mohamed M’barki, de formation ingénieur architecte, docteur en urbanisme, apporte plus de précisions.

Ainsi, explique-t-il, «Le projet Hay Ryad répond aux recommandations du schéma directeur de l’agglomération de Rabat-Salé de 1972, qui a fixé les lignes maîtresses des zones d’extension de la capitale. Évidemment, comme il est d’usage dans de pareils cas, les zones concernées sont définies en fonction de 3 critères principaux.

L’allocation en terrains correspondant à la demande estimée en logements au cours des 20 prochaines années. Le développement équilibré de l’urbanisation. La disponibilité en terrains à caractère public, soit faisant partie du domaine privé de l’État, soit géré par ce dernier.»

Hay Ryad, localisé au sud-ouest de la capitale, répond à ces trois objectifs :

• il devrait satisfaire une population de l’ordre de 200.000 habitants, répondant aux besoins en logements de la capitale à l’horizon 2000.

• il correspondait à un rééquilibrage du développement urbain de l’agglomération qui, d’après les études de l’époque, avait tendance à s’orienter vers une densification des quartiers du centre actuel et un engorgement des réseaux qui le desservent.

• il devait occuper un site exceptionnel de 1.500 ha environ, composé de terrains guich, dont la tutelle est assurée, comme vous le savez, par le ministère de l’Intérieur.

Cette analyse s’est avérée, avec le temps, partiellement juste. Un certain nombre d’événements importants sont intervenus :
• le développement rapide et imprévisible de Témara, devenue aujourd’hui préfecture de Skhirat-Témara. La nécessité de doubler pratiquement l’infrastructure de base de la capitale en matière de voirie et réseaux divers.

• les conséquences sur l’environnement, puisque l’urbanisation du site allait provoquer la disparition des grands espaces verts, véritable poumon de l’agglomération, et créer une conurbation gigantesque s’étendant de Salé à Skhirat, sur une distance de plus de 40 km.
Devant de tels risques, il a fallu se donner le temps de la réflexion. Finalement, SM le Roi a tranché et donné ses hautes instructions pour limiter la croissance urbaine de la capitale, en la séparant de Témara par la création d’une énorme ceinture verte de plus de 1.000 hectares, constituant un véritable «espace stratégique» dans l’aménagement urbain de la wilaya de Rabat-Salé-Témara.

• la réduction de la superficie urbanisée de 1.500 à 540 hectares environ et la réadaptation du projet initial aux données nouvelles avec comme contrainte, la satisfaction de toutes les attributions faites depuis les années 1975-1976.

La Vie Économique

CamScanner 19-05-2025 09.31