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Edito

Honorer les engagements, capitaliser sur la confiance

Aujourd’hui, alors que le Momentum Maroc clignote dans les radars mondiaux, nos syndicats devraient donner un signal annonçant qu’ils ont changé de paradigme

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Si le 1er Mai est une fête du travail (et un congé payé), le 30 avril est désormais une date anniversaire. Celle de la signature d’un nouvel accord social qui souffle cette année sa première bougie. Rappelez-vous, le gouvernement Akhannouch avait obtenu quelques mois après son investiture le consensus autour d’un pacte entre le patronat et les partenaires sociaux.

Les efforts consentis n’étaient pas anodins et les engagements ont été honorés malgré la succession de crises. Dans la fonction publique, le relèvement du salaire minimum est entré en vigueur dès le 1er septembre. Idem pour la hausse des allocations familiales, la suppression de l’échelle 7, le relèvement du quota de promotion dans le grade de 33 à 36%…

Les promesses de revalorisation salariale ont été honorées pour le secteur public, sans que le gouvernement ne se barricade derrière les difficultés des finances publiques et les perspectives peu reluisantes de croissance. Même pour les salariés du privé, la première tranche de hausse (5%) du SMIG est devenue effective depuis septembre. La deuxième devrait suivre en septembre prochain, si les partenaires sociaux respectent de leur côté leurs engagements.

Car cette nouvelle revalorisation salariale reste conditionnée à l’amorçage d’un véritable changement de paradigme dans la relation employé/employeur. Révolution qui ne peut passer que par une inéluctable réforme du Code du travail, mais aussi par un encadrement du droit de la grève via une loi organique qui n’a jamais existé.

Le Patronat marocain insiste évidemment sur le respect de cette promesse. La délégation de la CGEM, partie à la rencontre du Chef du gouvernement dans le cadre du round d’avril (désormais institutionnalisé), n’a pas manqué de le lui rappeler. Et bien entendu, l’Exécutif est sur la même longueur d’ondes. Youness Sekkouri, ministre de l’Emploi, a souligné que «ces réformes structurelles constituent le cadre ouvrant la voie au Maroc pour avancer».

Les espoirs reposent sur ces deux réformes pour libérer les capacités du Royaume et soutenir l’employabilité. Il s’agit d’autres piliers de cet État social que notre pays construit pierre après pierre, pas seulement dans l’emploi, mais aussi dans la santé et la protection sociale, ainsi que dans l’éducation. Maintenant que l’Exécutif comme le Patronat ont tenu leur part du deal, les syndicats gagneraient à suivre le pas en engageant de sérieuses discussions autour de ces volets.

Rester cantonné derrière les perpétuelles revendications d’amélioration des conditions de vie ne rend service à personne, encore moins aux travailleurs. Les employeurs, eux, sont des privilégiés bien qu’ils aient d’autres soucis à se faire…

En ouvrant un dialogue constructif, en défendant avec conviction, et arguments à l’appui, leurs revendications sur le Code du travail et la loi de la grève, les centrales syndicales démontreront qu’elles s’inscrivent dans une nouvelle approche. Qu’elles souscrivent à ce train de réformes en marche, que la majorité gouvernementale tient à faire parvenir à bon port. Lui semer des embûches sur la base de faux prétextes (on en trouvera dans toute conjoncture) serait une escalade dont le pays n’a nullement besoin.

Aujourd’hui, alors que le momentum Maroc clignote plus que jamais dans les radars mondiaux, nos syndicats devraient donner un signal annonçant qu’ils ont changé de paradigme. Qu’ils sont prêts à reconquérir les forces travailleuses et gagner en représentativité.