Edito
Une rentrée secouante
C’est comme si le mouvement des plaques tectoniques est venu souder ce Royaume fier et résilient, hisser ses reliefs dans le concert des Nations.
La terre a tremblé le 8 septembre, le Maroc est resté debout et surtout une nouvelle dynamique s’est quelque part enclenchée. C’est comme si le mouvement des plaques tectoniques est venu souder ce Royaume fier et résilient, hisser ses reliefs dans le concert des Nations. Notre pays a montré à la face du monde qu’il est souverain, qu’il est capable de prendre soin des siens, que ses institutions sont solides et leur fonctionnement efficient.
Le Royaume du Maroc se projette déjà dans l’après-séisme avec la mobilisation d’un montant stratosphérique de 120 milliards de dirhams sur cinq ans. Un nouveau mécanisme institutionnel est créé dans la foulée pour assurer une reconstruction structurante du Haut Atlas. De quoi le rebâtir sur de bonnes bases, en tenant compte du principe élémentaire qu’est l’équité territoriale.
L’ampleur de cette catastrophe naturelle et son surcoût financier n’ont pas empêché le gouvernement d’honorer ses engagements, pris conjointement avec le milieu des affaires et les partenaires sociaux. La deuxième tranche de la hausse du salaire minimum a été adoptée en Conseil de gouvernement avec une entrée en vigueur en septembre, soit dans le timing prévu.
Au-delà de ses implications sur le pouvoir d’achat d’une frange de la population qui subit de plein fouet la hausse des prix, cette mesure est une amorce pour l’achèvement de l’arsenal juridique de la législation du travail. Il y a donc fort à espérer que cette loi organique sur le droit de grève (la première de l’histoire du Royaume) puisse être adoptée durant cette même session d’automne, en espérant que la réforme du Code du travail puisse suivre dans la foulée.
Cela suppose une adhésion pleine de la part des partenaires sociaux. Des syndicats qui semblent dans de meilleures dispositions à en juger par leur coopération pour l’adoption du statut unifié des fonctionnaires de l’Éducation nationale. Ils ont fini par trouver un accord avec Chakib Benmoussa pour entériner ce préalable à la titanesque réforme de l’école publique, qui démarre avec cette rentrée scolaire.
Une autre réforme des plus cruciales sera également au cœur des discussions durant cette troisième année de la législature. Le Souverain vient de confier à Aziz Akhannouch le pilotage de la consultation nationale au sujet du Code de la famille. Dans un délai de six mois, un nouveau texte sera soumis à examen par les hautes instances du pays avant d’être introduit dans le circuit législatif.
Le Maroc bouge, sur tous les fronts ! Et comme les mouvements de la lithosphère sont à notre avantage, le continent vient de nous confier l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations de 2025. Une confiance méritée et justifiée qui vient baliser le terrain pour décrocher l’organisation du Mondial 2030 avec des partenaires tout aussi engagés.
Cette rentrée du mois de septembre a été certes meurtrière et sinistre avec ce séisme d’Al Haouz, mais elle a également constitué une onde de choc pour ressentir que le destin commun du Maroc repose sur une cohésion de toutes ses forces vives et sur une confiance en sa gouvernance. Une mini-secousse de prise de conscience générale à amplifier.
