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Edito

Un Maroc plus solide que jamais

Voir le Maroc, avec ses institutions, gérer une telle catastrophe avec une telle maestria est rassurant à tous les égards. c’est révélateur d’une unité inébranlable d’un peuple, autour de principes d’empathie, d’entraide…

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Sans prévenir, la terre se met tout à coup à trembler sous nos pieds, au-dessus de nos têtes surtout ! Dans plusieurs villes du Royaume, le Marocain réalise durant ces quelques minutes son insignifiance dans l’univers, son impuissance devant les forces de la nature. L’adrénaline est sécrétée en volume industriel, les cœurs battent la chamade et chacun gère sa panique comme il peut. Le spectre d’une réplique encore plus violente que la magnitude 7 plane ce soir du 8 septembre sur des rues envahies par des citoyens affolés…

Passée la torpeur de cette nuit apocalyptique, le Maroc passe sa semaine à décompter les pertes humaines, à déployer les secours, à coordonner l’assistance aux sinistrés. La mobilisation est totale pour aller à la rescousse de centaines de douars éparpillés dans le Haut Atlas, dont les habitations en pisé ont enseveli leurs occupants. C’est dans ces petits patelins que le tribut humain a été le plus cher, le plus désolant avec des familles qui ont été entièrement décimées.

Tout en enterrant ses morts, le Royaume s’est vite relevé. Les mesures prises par les hautes autorités sont déployées en toute célérité par un gouvernement qui travaille en harmonie. Un fonds spécial est rapidement mis en place pour recueillir les dons, une commission interministérielle se penche déjà sur la reconstruction, le dédommagement des sinistrés et le relogement des sans-abris. Sur le terrain, dans un bordel heureux (comme on sait le gérer à la marocaine), le volcan de solidarité est explosif. Jamais les centres de dons de sang n’ont connu une telle affluence. Jamais les routes de douars comme Tinzarine ou Tafraouten n’ont été aussi bouchonnées par les convois de camions d’aides recueillies spontanément par des citoyens. La Fondation Mohammed V pour la solidarité a dû d’ailleurs y mettre de l’ordre pour centraliser les dons en denrées ou en équipements, de manière à optimiser leur redistribution. Voir le Maroc, avec ses institutions, gérer une telle catastrophe avec une telle maestria est rassurant à tous les égards. C’est révélateur d’une unité inébranlable d’un peuple, autour de principes d’empathie, d’entraide et de solidarité.

Cela rassure aussi sur le professionnalisme des équipes marocaines de secours, mobilisées aux premiers instants du désastre. Le Maroc saura faire face aux répercussions de ce séisme dévastateur.
Il saura assurer une reconstruction sur de bonnes bases en restant fidèle à ses fondamentaux. Celle-ci sera coûteuse, longue aussi. Le pays aura sans doute besoin d’aide et d’appui pour traverser cet évènement funeste. Toute aide internationale sera bien entendu la bienvenue en temps voulu et dans la forme adéquate, comme l’ont clairement signifié les autorités marocaines, contraintes de répondre aux allégations de certains pays étrangers voulant se faire passer pour des sauveurs. Les pisseurs d’encre parisiens ou les faussaires d’images algériens n’auront qu’à ravaler l’écume de leur haine. Du désastre d’Al Haouz, le Maroc ressuscitera plus solide que jamais.