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Edito

Un héritage solide à la veille des élections

Tous les indicateurs attestent d’un Royaume substantiellement transformé, capable de traverser les épreuves les plus rudes, sans jamais dévier de sa trajectoire de développement.

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À deux mois des élections législatives, la ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah Alaoui, a présenté devant les commissions parlementaires réunies un bilan plus que rassurant. L’exercice imposé par la loi organique des finances dresse l’état d’exécution du budget 2026 et pose les bases du prochain projet de Loi de finances, celui qui sera porté par l’équipe issue du scrutin du 23 septembre.

Le message central est celui d’une économie résiliente.

Tous les indicateurs attestent d’un Royaume substantiellement transformé, capable de traverser les épreuves les plus rudes (crise sanitaire, ondes de choc géopolitiques, sécheresse persistante), sans jamais dévier de sa trajectoire de développement.

Le chiffre est éloquent : 5,3% de croissance attendue en 2026, dépassant de sept dixièmes de point l’hypothèse initialement retenue. Il faut s’en souvenir : en 2021, lorsque le chef du gouvernement avait fixé le cap d’un taux de croissance de 5% en fin de mandat, nombre d’observateurs, y compris parmi les acteurs économiques, avaient jugé l’objectif hors de portée. Le pari est aujourd’hui tenu, et au-delà.

Le contraste avec la situation d’il y a cinq ans est saisissant. Le déficit budgétaire, qui atteignait 7,1% du PIB en 2020, a été ramené à 3,5% en 2025, avec une cible de 3% pour 2026, soit une consolidation de plus de quatre points en cinq ans. La dette du Trésor suit la même pente descendante : de 72,2% du PIB en 2020 à 66,6% en 2025, amorçant une décrue durable que la programmation triennale 2027-2029 entend prolonger jusqu’à environ 63% du PIB à l’horizon 2029. Ces résultats n’ont rien d’accidentel : ils procèdent d’une réforme fiscale profonde, dont le FMI lui-même salue le caractère exemplaire dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Sur le terrain social, les indicateurs témoignent d’une dynamique inédite depuis deux décennies : 193.000 emplois nets créés en 2025, le meilleur bilan annuel depuis 2006, hors rattrapage exceptionnel de 2021. La ministre n’a d’ailleurs pas éludé les défis qui subsistent (insertion des jeunes, des femmes et des diplômés, fragilités du monde rural), signe que ce bilan se veut lucide autant que valorisant.

Ce parcours redresse aussi l’image du Maroc sur la scène financière mondiale. Le rehaussement de la note souveraine par S&P, qui restitue au Royaume son statut d’Investment Grade perdu pendant la pandémie, la révision positive de Moody’s, le renouvellement de la ligne de crédit flexible du FMI, ou encore le succès des émissions obligataires internationales : autant de marques de confiance qui ne trompent pas et qui viennent couronner cinq années d’efforts.

De plus, le gouvernement sortant ne se contente pas d’exécuter le budget 2026 : il lègue à son successeur une programmation budgétaire triennale 2027-2029 articulée autour de trois axes : consolidation de l’État social, renforcement de la complémentarité territoriale et poursuite des grands chantiers structurants (eau, infrastructures, transformation digitale, souveraineté industrielle, transition énergétique).

Au final, ce bilan dessine les termes du débat électoral à venir: la prochaine équipe gouvernementale héritera d’indicateurs macroéconomiques globalement assainis, mais devra transformer cette stabilité retrouvée en gains tangibles pour l’emploi et le pouvoir d’achat des Marocains.

Il s’agit donc de continuer sur la même voie de développement pour aspirer à plus de réalisations…