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Edito

Tournant décisif pour la gouvernance territoriale

Au-delà de sa dimension administrative, cette évolution législative traduit une volonté politique claire: faire de la région un véritable moteur de croissance.

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L’adoption par la Chambre des représentants du projet de loi modifiant et complétant la loi organique relative aux régions constitue bien plus qu’un simple ajustement technique du cadre juridique des collectivités territoriales.

Ce texte s’inscrit dans une dynamique politique et institutionnelle amorcée depuis plus d’une décennie : celle de la régionalisation avancée, érigée par le Royaume en pilier majeur de la modernisation de l’État, du rééquilibrage territorial et du renforcement du développement local.

À travers cette réforme qui poursuit son circuit législatif, les pouvoirs publics ambitionnent de consolider les compétences stratégiques des régions, de moderniser les mécanismes de gouvernance, d’améliorer les instruments de planification et d’exécution des politiques publiques, tout en renforçant les ressources financières des collectivités territoriales.

Parmi les principales mesures introduites figure la réorganisation des compétences, afin de clarifier les responsabilités et de limiter les chevauchements institutionnels.

Cette clarification apparaît essentielle pour accélérer les processus décisionnels, renforcer la cohérence des politiques publiques territoriales et améliorer l’efficacité de l’action régionale.

L’une des dispositions les plus significatives concerne également la transformation des Agences régionales d’exécution des projets (AREP) en sociétés anonymes. Cette évolution traduit la volonté de rapprocher la gestion des projets publics régionaux des meilleurs standards du management, en conciliant contrôle public, efficacité opérationnelle et souplesse de gestion inspirée du secteur privé.

Autre signal fort de cette réforme : le renforcement des ressources financières des régions. Le gouvernement prévoit une augmentation des transferts financiers destinés aux collectivités territoriales, à hauteur d’au moins 12 milliards de dirhams par an à partir de 2027.

Cette orientation traduit une conviction désormais largement partagée : aucune politique de décentralisation ne peut produire des résultats durables sans une autonomie financière réelle et des moyens adaptés aux ambitions assignées aux territoires.

Au-delà de sa dimension administrative, cette évolution législative traduit une volonté politique claire: faire de la région un véritable moteur de croissance, d’investissement et de création d’emplois.

Une orientation qui s’inscrit dans la continuité des Hautes Orientations Royales et dans la philosophie même de la régionalisation avancée, conçue comme une transformation structurelle du modèle de gouvernance marocain.

Cela relève de la capacité du Royaume à bâtir un modèle de développement plus équilibré, capable de valoriser les potentialités propres de chaque territoire et de réduire les fractures territoriales persistantes. Le Maroc semble ainsi entrer dans une phase de maturation de son expérience de régionalisation avancée.

Il poursuit sereinement la redéfinition en profondeur de son organisation territoriale, avec l’ambition de faire de la gouvernance régionale un levier central de modernisation de l’État.