Edito
Sécurité: Les dividendes de la bonne gouvernance
Au fil des décennies, les services de sécurité ont redoré leur insigne, réussissant même à se réconcilier avec les citoyens.
Les quadras et plus ont toujours en mémoire ces rapports traumatisants avec les forces de l’ordre de tout genre. Forces auxiliaires, Compagnie mobile d’intervention (CMI), policiers en uniforme ou agents en civil : tous avaient droit à un sobriquet exprimant, chez le Marocain moyen, un mélange de dédain et de crainte. Il suffisait qu’un véhicule de police pointe son gyrophare à l’horizon pour que les passants prennent leurs jambes à leur cou craignant une de ses rafles arbitraires ou injustifiées de s7ab el7al…
Mais, ça, c’était avant… Au fil des décennies, les services de sécurité ont redoré leur insigne, réussissant même à se réconcilier progressivement avec les citoyens. Ils ne sont plus ces machines à broyer de l’opposant politique afin d’opprimer toute éventuelle contestation interne. Ils ne sont plus ces racketteurs en uniforme prêts à inventer une infraction pour un bakchich. Ils ne sont plus ces moustachus ventripotents qui ne savent même pas tenir leurs armes de service…
Certes les clichés ont la peau dure et il faut plusieurs générations pour s’en défaire totalement. Mais il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas voir la métamorphose de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et sa bonne gouvernance. C’est une certitude, une réalité sur le terrain. Ses éléments sont mieux sélectionnés, mieux formés, mieux outillés, mieux valorisés… Et en conséquence, ils sont plus efficaces dans leur mission au service du citoyen.
Osons le dire : les services de sécurité du Royaume constituent une de nos fiertés nationales. Il suffit de rappeler que le Maroc est érigé en modèle de lutte contre le terrorisme, ce fléau du millénaire qui prend à défaut les meilleures agences de sécurité au monde. Certes, les résultats engrangés par notre pays reposent sur une approche globale, mais la composante sécuritaire en constitue un des fondements. Du renseignement à l’intervention, les éléments de la Direction générale de la sécurité du territoire (DGST) ont montré à d’innombrables occasions leur capacité à anticiper et à prévenir.
Cette bonne vieille DST n’est pas non plus synonyme, dans l’imaginaire populaire, de cette police politique secrète ayant pour spécialité la torture et les disparitions. Elle est, depuis plusieurs années déjà, considérée comme un service de renseignement de référence, disposant d’une aile judiciaire qui encadre légalement ses interventions et est surtout respectée par ses homologues étrangers pour la qualité du travail accompli. On ne compte plus d’ailleurs les informations stratégiques fournies par la DGST aux services étrangers ni le nombre de décorations reçues par son patron, Abdellatif Hammouchi, y compris par ceux qui voulaient le présenter comme un bourreau.
Abdellatif Hammouchi est en fait un de ces patriotes que nous envie le monde du renseignement. Son dévouement et ses compétences, qu’il continue de prouver, lui ont permis de bénéficier de la confiance du Souverain, qui l’a chargé de faire basculer les services de police dans l’ère de la modernité. Auprès de l’establishment, ce pur produit du bled est respecté et estimé. Et même chez la population, son statut de «Premier Flic du Royaume» n’inspire pas la crainte mais plutôt la reconnaissance.
La police a fait bien du chemin en 67 ans d’indépendance, permettant au Maroc de capitaliser sur son image de contrée stable et sécurisée. Un dividende inestimable pour l’ensemble du pays. Pourvu que la gestion par l’exemple Hammouchi déteigne sur d’autres institutions du Royaume…
