Edito
Quand le Maroc accélère sa mue économique
l’investissement n’est plus considéré uniquement comme un apport de capital, mais comme un vecteur de transformation économique.
La dynamique d’investissement que connaît actuellement le Maroc constitue l’un des marqueurs les plus visibles de sa stratégie économique engagée ces dernières années. Sous l’impulsion du gouvernement Akhannouch et dans le sillage des orientations stratégiques du Souverain, le Royaume a franchi un nouveau palier en matière d’attractivité économique. L’adoption de la nouvelle Charte de l’investissement, en 2023, en est l’illustration la plus structurante. Elle repositionne l’investissement privé – national et étranger – comme principal moteur de croissance, de création d’emplois et de développement territorial. Et l’approche est jusque-là judicieuse. En témoigne la récolte de la dernière session de la Commission nationale des investissements : 44 projets approuvés représentant plus de 86 milliards de dirhams d’investissements, avec à la clé quelque 20.500 emplois, dont environ 9.000 directs.
Autre indicateur révélateur de l’attractivité du Royaume: la progression des investissements directs étrangers (IDE). Selon les données évoquées lors de la réunion, ces IDE ont atteint environ 56,1 milliards de dirhams en 2025, un niveau record représentant une hausse de 22% par rapport au précédent pic enregistré en 2018. Une performance qui confirme que le Royaume continue de renforcer son positionnement comme hub industriel et logistique entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient.
Au-delà du volume financier, c’est surtout la logique structurelle qui mérite d’être relevée. La nouvelle Charte de l’investissement rompt avec les approches précédentes, fondées essentiellement sur des incitations sectorielles ou fiscales. Elle privilégie désormais une vision plus globale, centrée sur la compétitivité territoriale, l’intégration industrielle et l’effet d’entraînement sur l’économie nationale. Autrement dit, l’investissement n’est plus considéré uniquement comme un apport de capital, mais comme un vecteur de transformation économique.
Car l’ambition du Maroc ne se limite plus à la consolidation des succès existants. La nouvelle approche cherche également à élargir la base productive et à mieux répartir les projets sur l’ensemble du territoire. Les investissements validés lors de cette session concernent ainsi dix régions et dix-neuf provinces ou préfectures, dont certaines moins traditionnellement associées à l’activité industrielle, comme Midelt, Khémisset ou Oued Eddahab.
Cette dimension territoriale constitue un élément clé de la nouvelle Charte. Car pendant longtemps, l’investissement s’est concentré dans quelques pôles économiques majeurs, accentuant les déséquilibres régionaux. Désormais, les pouvoirs publics cherchent à orienter davantage de projets vers l’ensemble des territoires afin de stimuler l’emploi local et de réduire les disparités régionales. Dans ce contexte, le soutien aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) apparaît comme un levier essentiel pour ancrer cette dynamique au niveau local. C’est sans doute par là que passe la phase d’accélération de la transformation économique du Royaume.
