Edito
MRE : Entre attachement et représentativité
Accorder aux Marocains du Monde une représentativité parlementaire est le couronnement d’un processus qui dure depuis des décennies. Une telle décision serait aussi la meilleure réponse à ces parties malintentionnées cherchant à créer une rupture entre le Maroc et sa diaspora.
«La cherté des prix a dissuadé les Marocains du monde à rentrer au pays cet été». Voilà la fake news de la saison qui a foisonné sur les réseaux sociaux.
La supercherie a duré quelques semaines, entretenue par des témoignages anonymes de prétendus MRE qui s’insurgent contre l’onérosité du séjour au bled, des captures de factures de restaurant qui nous apprennent que le filet mignon se paie jusqu’à 300 dirhams, des vidéos de ferrys peu chargés en voitures…
Tous les moyens ont été bons pour donner de la crédibilité à ce mensonge via des posts qui ont fait des émules chez des influenceurs prêts à tout pour monétiser au maximum leurs chaînes YouTube.
Les autorités ont finalement mis fin à cette hystérie en sortant de leur silence. Les statistiques communiquées début août sont venues prouver que les MRE ont de nouveau été au rendez-vous cet été dans leur pays d’origine.
L’opération Marhaba a recensé, entre le 10 juin et le 4 août, près de 2,8 millions de membres de la communauté marocaine établie à l’étranger qui sont rentrés au bled. C’est une hausse de plus de 10% par rapport à la même période de l’année 2024 (voir p.6).
Que l’on se rassure donc : notre diaspora reste attachée à son Maroc comme le démontrent le nombre de visiteurs mais aussi le volume de transferts de fonds qui battent chaque année des records.
Ce n’est pas une raison non plus de s’endormir sur ses lauriers. C’est ce qui explique que chaque saison, les parties prenantes redoublent d’efforts et d’ingéniosité pour mieux adapter les offres destinées aux Marocains du Monde (MdM) dans divers domaines.
Un élan qu’il faut entretenir de manière à consolider et renforcer cet attachement identitaire, culturel, social et économique avec le pays d’origine. D’autant plus que cette communauté est en perpétuelle évolution et change de mindset.
On ne parle plus de 2e ou 4e génération, ni des «405 break chargés» où l’on fait «monter les neveux». Désormais, les compagnies low-cost permettent à ces MdM de rester connectés au bled durant toute l’année.
Les Marocains du Monde sont un trésor pour notre pays. Comme leurs concitoyens résidents au Maroc, ils peuvent constater que les choses ne sont pas parfaites, mais en amélioration continue. Comme tous les Marocains, ils sont en droit de contribuer à ce que tout aille pour le mieux.
De facto, ils méritent bien d’être représentés dans les institutions législatives du Royaume, non seulement à travers un Conseil dédié (CCME), mais aussi au niveau du Parlement. La représentativité de cette 13e région des Marocains du Monde n’est évidemment pas une idée nouvelle.
Elle fait son bonhomme de chemin depuis longtemps et il est venu le temps de la rendre concrète. D’autant plus que les lois électorales sont appelées à être retouchées, ne serait-ce que pour adapter le découpage des circonscriptions aux dernières données démographiques du recensement de la population.
Accorder aux Marocains du Monde une représentativité parlementaire est le couronnement d’un processus qui dure depuis des décennies. Une telle décision serait aussi la meilleure réponse à ces parties malintentionnées cherchant à créer une rupture entre le Maroc et sa diaspora.
