Edito
Marocains mieux protégés contre la pauvreté
Le Maroc est en train de réussir une transformation structurelle dans le domaine social. Car fonder un État social moderne, garant d’une vie digne à sa population, est un chantier de règne en cours de concrétisation.
Il y a 20 ans, le Haut-Commissariat au plan (HCP) établissait pour la première fois la cartographie de la pauvreté au Maroc, en utilisant une palette d’indicateurs extraits des résultats du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH). Le taux de pauvreté absolue moyen ressortait alors à 14,2%, avec bien sûr des disparités régionales effarantes.
Dix ans plus tard, à l’occasion du recensement de 2014, cette carte de la pauvreté a bien évidemment été actualisée et faisait ressortir un taux de pauvreté en nette baisse : 4,8% seulement de la population.
Un recul qui s’est poursuivi sur les dix dernières années pour ramener ce taux de pauvreté absolue à 3,9% des Marocains, malgré les effets de la crise sanitaire qui a fait basculer une bonne partie de la population vulnérable au-dessous du seuil de pauvreté monétaire.
C’est donc un constat : de moins en moins de Marocains se retrouvent en situation de pauvreté. Mieux encore, en tenant compte de la pauvreté multidimensionnelle, la dernière étude du HCP démontre que celle-ci s’est nettement contractée entre 2014 et 2024. En valeur absolue, le nombre de personnes concernées a diminué d’environ 4 à 2,5 millions.
Cette pauvreté multidimensionnelle n’est pas exclusivement fondée sur le pouvoir d’achat, mais tient compte aussi des privations subies par les ménages en termes d’accès à des besoins fondamentaux : dans les domaines de l’éducation, de la santé, du logement et de l’accès aux infrastructures de base.
La division par deux de son indice sur la décennie (reculant de 4,5 à 2,5%) reflète les avancées réalisées par notre pays. Dans le monde rural, ce taux de pauvreté est passé de 23,6 à 13,1% témoignant des avancées réalisées dans les communes rurales, grâce, entre autres, au Programme de réduction des disparités territoriales et sociales qui a mobilisé des dizaines de milliards de dirhams d’investissement.
Il n’empêche qu’il reste encore beaucoup à faire.En effet, 72% des personnes pauvres résident encore dans les campagnes (contre 79% en 2014) et le taux de pauvreté dans le monde rural demeure plus de quatre fois supérieur à celui des zones urbaines (3% en 2024).
D’autre part, le taux de vulnérabilité à la pauvreté multidimensionnelle, c’est-à-dire la part de la population exposée à des privations modérées, reste assez élevé : près de trois millions de personnes se situant dans cette zone intermédiaire risquent donc de basculer dans la misère.
Mais c’est là justement que les filets sociaux déployés ces deux dernières années par le gouvernement se révèlent déterminants. Aides directes aux ménages, aide au logement, couverture médicale, investissements dans l’éducation, la santé et les infrastructures… constituent un véritable rempart contre l’accentuation des privations de tout genre.
La kyrielle de statistiques annoncées par le Chef de gouvernement devant la Chambre des conseillers reflète l’effort fourni et le chemin parcouru. C’est dire que le Maroc est en train de réussir une transformation structurelle dans le domaine social. Car fonder un État social moderne, garant d’une vie digne à sa population, est un chantier de règne en cours de concrétisation.