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Edito

Les taux et les bas de Bank Al-Maghrib

À travers cet assouplissement de la politique monétaire, il faut croire que la banque centrale adhère enfin à une approche incitative au développement. Comme si elle prenait enfin conscience de son rôle déterminant pour soutenir la croissance et l’emploi.

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Et voilà que Bank Al-Maghrib retrouve la raison ! Après son coup de frein inexpliqué en septembre dernier, voilà que la gardienne du temple financier confirme une deuxième fois consécutive sa confiance dans les perspectives de l’économie marocaine.

Une nouvelle baisse du taux directeur a été décidée par le Conseil de la banque centrale, comme il avait fait de même en juin et décembre derniers. Ces trois baisses en un an ramènent ce gouvernail de la politique monétaire à 2,25%, soit un niveau où il a campé entre mars 2016 et décembre 2019.

La décision est bien évidemment largement justifiée au vu des projections des économistes de Bank Al-Maghrib. Florilège non exhaustif : dynamique notable de l’activité dans les secteurs non agricoles ; poursuite de la consolidation des équilibres macroéconomiques ; maintien de l’élan des réformes ; feuille de route adoptée récemment pour relancer l’emploi…

Pour entretenir et stimuler ce cercle vertueux de la croissance économique, le coût de l’argent est un paramètre décisif. Bank Al-Maghrib explique d’ailleurs que les taux des crédits bancaires au secteur non financier ont connu une baisse de 35 points de base (pb) au quatrième trimestre 2024, comparativement au deuxième trimestre de la même année, alors que le taux directeur a été réduit de 25 pb seulement au cours de la même période.

Des centaines de milliards de dirhams seront investies les prochaines années dans diverses infrastructures. Dans les BTP, par exemple, les nombreux marchés publics déjà attribués gonflent plus que jamais les carnets de commandes des géants du secteur, mais également toute une galaxie de sous-traitants. Nul besoin de faire un dessein, cela se traduit forcément par un besoin colossal en financement aussi bien pour l’État que pour le privé.

La banque centrale anticipe la (juste) mesure du besoin : le rythme du crédit au secteur non financier devrait connaître une forte accélération, passant de 2,6% en 2024 à 5,9% en 2025, puis à 6% en 2026, selon les anticipations du système bancaire qui tiennent compte de l’évolution prévue de l’activité économique.

En parallèle, l’inflation et les équilibres budgétaires restent relativement maîtrisés, comme l’admettent les experts du team Abdellatif Jouahri.

Bank Al-Maghrib est allé jusqu’à dépoussiérer une ancienne formule pour booster le financement de l’économie. À l’instar du programme Intilaka lancé en octobre 2019 (et balayé par un éternuement du Covid-19), la banque centrale a concédé un taux préférentiel au-dessous du taux directeur pour encourager l’investissement des TPME.

Ce dispositif dédié qui sera déployé avec Tamwilcom s’inscrit en droite ligne avec l’approche gouvernementale d’encourager l’investissement des TPME, catalyseur de la création d’emplois au Maroc.

À travers cet assouplissement de la politique monétaire, il faut croire que la banque centrale adhère enfin à une approche incitative au développement. Comme si elle prenait enfin conscience de son rôle déterminant pour soutenir la croissance et l’emploi. Pourvu que ça dure…