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Edito

«Le Piw Piw de la Discord»

Le dialogue et la concertation devraient rester les maîtres-mots, mais ce n’est pas à un Piw Piw d’en dicter les règles !

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Piw Piw, c’est le pseudo du principal administrateur d’un forum qui a surgi subitement des tanières de la plateforme Discord.

Un tel acronyme suffirait à décrédibiliser une agora, même aux yeux du poussin Piou Piou. Mais une certaine jeunesse marocaine a suivi le trend, a répondu à ce chant révolutionnaire du Piw Piw qui s’inspire de ses pays modèles : Népal, Bangladesh, Madagascar…

Sans doute que Piw Piw & Consorts ne supportent pas de voir le Royaume jouer dans la cour des grands, devenir co-organisateur d’une Coupe du monde d’anthologie coïncidant avec le centenaire de la compétition sportive la plus suivie de la planète.

Ce Mondial 2030 a d’ailleurs été la première cible de la première Piw Piw party. «On ne veut pas de stade pour la Coupe du monde, on veut plutôt des écoles et des hôpitaux !», le slogan est séducteur pour faire les manchettes de médias internationaux, impatients de diviser leurs écrans en quatre pour couvrir un «automne arabe».

Le slogan insensé peut trouver aussi écho chez une jeunesse visiblement mal informée au sujet des réformes de fond enclenchées dans ces deux secteurs que sont l’Éducation nationale et la Santé. Normal, puisqu’il faut l’admettre, ces mêmes réformes prendront du temps avant d’avoir un impact visible sur le terrain…

Des jeunes et moins jeunes ont alors zappé les écrans et sont descendus dans la rue se proclamant indépendants de toute bannière politique, si ce n’est celle de l’Admin Piw Piw.

Ils vont alors découvrir qu’ils ne participent pas à un agréable flash-mob : les manifestations pacifistes tournent rapidement aux scènes de pillage, de vandalisme, d’attaques contre les forces de l’ordre.

Le capital-sympathie accordé à ce mouvement est alors parti en fumée à mesure que les voitures de police brûlaient, tout autant que les commerces ou ce poste de gendarmerie où l’usage d’armes de service a été nécessaire.

Pendant ce temps, la page Piw Piw continuait de gonfler virtuellement, prise d’assaut par des dizaines de milliers d’observateurs qui scrollaient entre messages vindicatifs appelant à la désobéissance civile et autres posts plus structurés avec des revendications légitimes.

Les médias publics sont alors sortis de leur torpeur, retrouvant un intérêt chez les téléspectateurs : leurs écrans interactifs affichent des statistiques sur cette jeunesse marocaine dont on parlait peu, alors que les responsables politiques défilent sur les plateaux pour expliquer réalisations et réformes en cours.

Car, contrairement aux gloussements sur la page Piw Piw, le gouvernement ne s’est pas dérobé devant ses responsabilités ni tardé à réagir.

Un communiqué de l’instance de la majorité gouvernementale a donné le ton dès les premiers jours: le dialogue est toujours ouvert dans un cadre institutionnel… les ministres sont montés au front pour éclairer une opinion publique qui a été polluée en fake news et en discours populistes.

En définitive, les jeunes et moins jeunes auront toujours droit à revendiquer et à manifester pacifiquement; les réformes et chantiers en cours méritent d’être évalués et expliqués davantage; le dialogue et la concertation devraient rester les maîtres-mots…, mais ce n’est pas à un Piw Piw d’en dicter les règles !