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Edito

Le «Future» de la corbeille bidaouie

L’été s’annonce chaud sur la place casablancaise. Les sources de marchés évoquent de nombreuses opérations d’envergure se chiffrant à quelques milliards de dirhams, durant les semaines à venir.

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Le baromètre boursier affiche une performance record depuis le début de l’année, dépassant les 22%. Se situant déjà au-dessus de la barre des 18.000 points, analystes et traders se frottent déjà les mains quant à leur bonus dans la perspective d’une année 2025 inédite.

Mieux encore, ils restent optimistes pour la poursuite de ce trend haussier pendant les prochaines années, allant jusqu’à voir le Masi atteindre les 30.000 points à l’horizon 2030. Pourquoi pas, si on veut entretenir l’espoir à coups de numérologie…

En attendant, l’été s’annonce chaud sur la place casablancaise. Les sources de marchés évoquent de nombreuses opérations d’envergure se chiffrant à quelques milliards de dirhams, durant les semaines à venir, concernant des sociétés cotées mais aussi de nouvelles recrues pour la tour de verre.

Et cette effervescence n’est pas cantonnée au seul marché boursier, l’euphorie est encore plus marquée dans d’autres compartiments du marché des capitaux. Les banquiers d’affaires ont vu défiler un volume d’opérations financières sur ces six premiers mois de l’année, dépassant les réalisations totales de 2024.

Quoi de plus normal pour un pays qui investit des centaines de milliards de dirhams en infrastructures de tout genre, dans des programmes sociaux de grande portée, et s’apprête à explorer de nouveaux secteurs industriels fortement capitalistiques.

Ce Maroc qui joue désormais dans la cour des grands a donc fortement besoin de financements pour réaliser ses ambitions. Grandes entreprises publiques et groupes privés auront à investir des dizaines, voire des centaines de milliards de dirhams sur les prochaines années, espérant qu’ils attireront dans leur sillage une galaxie d’entreprises moyennes et petites.

Le marché financier domestique aura un rôle capital à jouer dans cette phase d’investissements massifs, en couvrant une partie des besoins en financement interne. Les gestionnaires obligataires le font déjà à travers diverses opérations de placement de dette privée.

C’est que les titres cotés n’ont jamais vraiment eu la cote au Maroc. Même si les emprunts obligataires inscrits à la Bourse de Casablanca se font de plus en plus nombreux, cette source de financement reste en deçà de son potentiel. Quant au compartiment actions, il reste le parent pauvre du marché boursier.

Plus de trois décennies après sa modernisation, la Bourse de Casablanca n’arrive pas encore à se hisser en vitrine de l’économie. Le nombre de sociétés inscrites n’a jamais dépassé la centaine, plusieurs s’y sont même retirées. Le marché reste peu profond et surtout peu liquide avec un nombre de boursicoteurs assez limité et des institutionnels qui dictent leur loi.

Le recours au marché actions n’est pas encore un réflexe chez les entrepreneurs, sans doute en raison du manque d’instruments adaptés : les tentatives de dynamiser un compartiment PME sont restées vaines.

Il n’empêche que même sur ce marché, une révolution est officiellement amorcée avec le feu vert accordé par les autorités de marché au premier produit dérivé : Le «MASI 20 Future» qui permet de se couvrir contre les aléas du marché ou investir dans l’évolution de l’indice, tout en profitant d’un effet levier. Peut-être que c’est le déclic pour une nouvelle ère de la corbeille bidaouie…