Edito
Emploi : Entre les chiffres et la vision
L’Emploi est une priorité nationale qui sera au cœur de la prochaine étape de l’action gouvernementale.
Emploi, travail, job, fonction…, plus que le gagne-pain ou le statut qu’elle implique, une activité est capitale pour la dignité de tout citoyen. La satisfaction de la tâche bien accomplie est une jouissance comparable aux plaisirs primitifs des sapiens que nous sommes. La valeur travail est de plus un fondement élémentaire pour toute société aspirant au développement et à la prospérité.
Inutile alors de palabrer au sujet de la nécessité d’assurer les conditions de travail adéquates et de favoriser la création de postes d’emploi. C’est un engagement élémentaire du pacte passé entre tout responsable et les citoyens. Ce gouvernement a d’ailleurs fait de l’Emploi un des trois piliers de son programme, aux côtés de l’Éducation et la Santé. Comme ses prédécesseurs, il s’est engagé sur des objectifs chiffrés, mais en plaçant cette fois-ci la barre assez haut : 200.000 emplois à créer par an durant le mandat.
Pour le moment, on est encore loin du compte. La conjoncture n’a pas été des plus propices pour favoriser le marché du travail. Pis encore, la période de sécheresse qui s’éternise a conduit à la destruction d’un grand nombre d’emplois dans le monde rural : 198.000 postes de travail selon les derniers chiffres du Haut-commissariat au plan (HCP). Il faut néanmoins préciser que 95% de ces emplois étaient non rémunérés.
Ces chiffres alarmants sur l’état de nos campagnes n’ont pas manqué d’être instrumentalisés par des sensationnalistes qui crient déjà à la faillite gouvernementale. Avec leurs œillères de défaitistes, ils ne veulent pas regarder un autre angle du tableau. En milieu urbain, il y a eu par exemple la création de pas moins de 59.000 emplois rémunérés, malgré une conjoncture des plus compliquées. Il y a également plus de 100.000 emplois à créer par les 165 projets d’investissements approuvés par la Commission nationale, depuis le début du mandat gouvernemental, et qui totalisent une enveloppe de 183 milliards de dirhams. Un autre chiffre qui ne trompe pas : les nouveaux inscrits à la CNSS en tant que salariés rémunérés qui ont atteint 316.000 en 2023, en tenant compte des régularisations opérées par certaines entreprises.
Triturer les statistiques ne peut en aucun cas résoudre la problématique de l’Emploi où la cadence de l’action gouvernementale en arrive à peine au stade des échauffements. Aziz Akhannouch s’est d’ailleurs montré des plus rassurants à ce sujet lors de son discours adressé à l’occasion du Forum parlementaire international sur la justice sociale. «L’Emploi est une priorité nationale qui sera au cœur de la prochaine étape de l’action gouvernementale», a-t-il insisté.
Mais le Chef du gouvernement qui n’a plus à démontrer son engagement à mener les réformes nécessaires, quitte à livrer les batailles qui s’imposent, n’a pas non plus de baguette magique pour décréter l’investissement ou l’emploi. Des efforts concertés et une volonté complète sont nécessaires pour accélérer le tempo. Il est question aussi de capitaliser sur les expériences du passé et d’intégrer divers programmes pour une plus grande transversalité afin d’accroître l’efficacité des interventions.
Le gouvernement se doit aussi de poursuivre les réformes de différentes législations afférentes au marché de l’emploi, dont les deux principales que sont le Code du travail et la loi sur la grève. Des piliers cruciaux pour parachever l’édification d’un meilleur climat des affaires…
