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Edito

De l’interdépendance au partenariat d’exception

Près de 70 ans après «l’indépendance dans l’interdépendance», le Royaume et la République passent à une nouvelle phase en scellant un accord à la mesure des liens profonds et séculaires les unissant, mais aussi en tenant compte du contexte actuel et des enjeux futurs.

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«Partenariat d’exception renforcé» ! Le titre du nouveau tome du livre des relations France-Maroc est lourd de sens.

Près de 70 ans après «l’indépendance dans l’interdépendance», le Royaume et la République passent à une nouvelle phase en scellant un accord à la mesure des liens profonds et séculaires les unissant, mais aussi en tenant compte du contexte actuel et des enjeux futurs.
Ce partenariat de nouvelle génération sera le premier du genre pour la France signé avec un pays en dehors de l’Union européenne. Le président Emmanuel Macron a tenu à le préciser dans son allocution devant les deux Chambres du Parlement, au lendemain de la signature avec le Roi Mohammed VI de la déclaration relative à ce partenariat (voir p.6).

Celui-ci devrait, entre autres, consolider la convergence politique et stratégique entre les deux pays, mais aussi renforcer leur coopération privilégiée.
Un projet de cadre détaillé sera élaboré par une commission paritaire pour le soumettre à l’approbation des deux Chefs d’État avant sa signature officielle lors d’une visite programmée du Souverain l’année prochaine à Paris. Ainsi en a été convenu, de manière à fixer précisément les termes de ce nouveau partenariat basé sur la confiance et le respect mutuel.
En attendant cette nouvelle grande séquence prévue pour l’année prochaine, les deux pays continuent sur leur élan de partenariat commercial qui n’a pas trop souffert des aléas diplomatiques qui ont secoué les relations entre les deux capitales.

Pas moins de 22 accords ont été signés devant les deux Chefs d’État couvrant divers domaines de coopération et d’échange d’expertise. Le spectre est large, allant du transport ferroviaire et maritime, aux énergies renouvelables et hydrogène vert, en passant par la formation et les industries créatives.

Du côté du secteur privé, plusieurs conventions et accords ont été également ratifiés en présence du Président français qui a clôturé un forum d’affaires de haut niveau réunissant les hommes d’affaires des deux pays.
Cet élan inédit a été rendu possible grâce au changement de paradigme de la France vis-à-vis du Maroc.

Le Royaume a fait un bond en avant considérable au point de se hisser en modèle dans certains domaines (sécuritaire, religieux, tolérance…) et en puissance régionale africaine, jouant un rôle de stabilisateur, mais aussi d’initiateur de grands projets de développement pour le continent.
Paris a fini par prendre conscience que sa meilleure option pour un regain d’influence sur le continent n’est autre que le rétablissement de relations de confiance avec le Maroc.

Rétablissement qui passe d’abord par le rétablissement du Royaume dans son droit, notamment la reconnaissance de sa souveraineté sur ses provinces du Sud. Chose faite fin juillet dernier et réitérée par Emmanuel Macron : «Le présent et l’avenir du Sahara ne peuvent être envisagés que sous souveraineté marocaine», a-t-il lancé devant les élus marocains. Standing ovation !