Edito
Commerce extérieur, industrie locale…, emplois durables
L’ambition de faire du Royaume une nation hautement industrialisée est sans doute à la portée. Le gouvernement en est évidemment conscient et met tout en œuvre pour réussir ce décollage industriel.
Mardi dernier, le sujet portait sur l’accélération industrielle… Deux semaines auparavant, il était question de commerce extérieur…
Tout analyste politico-économique est capable de saisir le lien entre ces deux thématiques choisies pour les séances mensuelles de questions de politique générale adressées au Chef du gouvernement par les élus des deux Chambres. Il s’agit de l’emploi, hissé en priorité pour ce second souffle de la législature.
Quelques chiffres révélés par Aziz Akhannouch peuvent donner une indication sur l’interaction du triptyque industrie, exportations et emploi : 87% du volume total des envois de marchandises à l’étranger sont des produits industriels et plus de 125.000 postes de travail ont été créés par le secteur durant les 20 premiers mois du mandat gouvernemental.
Et la cadence ira crescendo selon le Chef du gouvernement qui a annoncé que la prochaine Commission nationale de l’investissement devrait examiner des projets totalisant «150milliards d’investissements avec à la clé la création de 70.000 à 80.000 emplois directs et indirects».
Le Maroc récolte les fruits d’une révolution industrielle qui a doucement démarré il y a près de deux décennies. Et ses résultats sont probants. Il est révolu le temps où l’industrie du Royaume se contentait d’expédier des produits de textile cousus, des produits agroalimentaires emballés ou encore les phosphates en roche.
Le Maroc du 21e siècle joue dans la classe des «majors» de l’industrie automobile. Les véhicules produits à Tanger Med ou à Kénitra sillonnent les routes sur au moins trois continents de la planète. L’écosystème créé autour de l’automobile fabrique des composantes qui alimentent les plus prestigieuses usines du monde, pour ne citer que celle de Tesla.
Idem dans le secteur aéronautique où tous les géants mondiaux de l’industrie traitent avec le Maroc. L’OCP, de son côté, a opéré un saut qualitatif industriel qui l’a propulsé au rang de multinationale respectée (et même redoutée). Même dans les industries «historiques», une évolution est constatée, notamment dans le secteur agroalimentaire où la valorisation est devenue le maître-mot ou encore le textile qui change de mode et de paradigme.
Mieux encore, des industries «futures» sont appelées à émerger pour ne citer que celles gravitant autour des énergies renouvelables ou du secteur de l’eau. Et pour cause, le Royaume est devenu une terre d’opportunités pour investisseurs locaux et internationaux, non seulement pour son attractivité locale mais aussi pour son ouverture sur le monde.
Les accords et partenariats tissés avec des pays et des groupements de pays, les infrastructures titanesques réalisées et lancées, sa stabilité politique et économique hissée souvent en modèle, font du Royaume le hub idoine pour de nombreux géants de l’industrie.
Surtout que le gouvernement actuel est passé à la vitesse supérieure en matière d’amélioration du climat des affaires et de soutien à l’investissement. Ce n’est pas un hasard si le premier texte de loi que le gouvernement Akhannouch a adopté concerne les zones industrielles.
Ce n’est pas fortuit non plus si la Charte de l’investissement attendue depuis belle lurette est devenue effective durant cette législature. L’ambition de faire du Royaume une nation hautement industrialisée est sans doute à la portée. Le gouvernement en est évidemment conscient et met tout en œuvre pour réussir ce décollage industriel.