Edito
Ce vent terroriste qui souffle du Sahel
Le Maroc sécurise de mieux en mieux ses frontières et ne baisse jamais la garde contre le risque terroriste. Il n’empêche que les efforts sont à redoubler alors que le Royaume ambitionne de développer davantage ses échanges avec les États du Sahel à travers l’Initiative Atlantique.
Il y a déjà une vingtaine d’années, des rapports faisaient état de ramifications entre les mercenaires du Polisario et les organisations terroristes qui commençaient déjà à installer leurs franchises au Sahel.
Bon nombre d’observateurs (dont l’auteur même de ces lignes) étaient sceptiques. Ils voyaient dans ce type d’étude une manière de caresser le Royaume dans le sens du poil…, de faire un lien grossier entre le combat mondial contre le terrorisme – auquel le Maroc a toujours adhéré – et notre cause nationale sacrée, notre intégrité territoriale.
Mais très vite, la menace s’est avérée bien réelle, en provenance des groupes jihadistes installés dans cette région, en proie à une instabilité politique, à des conflits ethniques, mais aussi aux difficultés des États du Sahel à pacifier un vaste territoire désertique, mais terreau fertile pour une convergence des activités de groupes terroristes avec celles des bandes criminelles s’adonnant à tout type de trafic.
Cherkaoui Haboub, directeur du Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ), n’a pas manqué de rappeler la première menace provenant de cette zone : la cellule terroriste démantelée à Tanger en 2005, dont le prétendu «émir» avait séjourné pendant deux mois dans un camp d’entraînement au Mali.
Depuis, c’est une quarantaine de plans terroristes commandités par des organisations établies dans le Sahel qui ont été mis en échec, grâce à la vigilance et l’approche proactive des forces sécuritaires.
La dernière cellule démantelée par le BCIJ montre que cette menace reste omniprésente et a même tendance à s’accentuer. L’ampleur du coup de filet réussi par les hommes d’Abdellatif Hammouchi est inédite : 12 interpellations dans 9 villes, découverte d’engins explosifs et de caches d’armes, une multitude de cibles visées et même un projet d’installer une branche de Daech au Royaume.
Fort heureusement, le Maroc sécurise de mieux en mieux ses frontières et ne baisse jamais la garde contre le risque terroriste. Il n’empêche que les efforts sont à redoubler alors que le Royaume ambitionne de développer davantage ses échanges avec les États du Sahel à travers l’Initiative Atlantique et la multiplication des postes frontaliers dans le sud.
Sans faire dans l’ingérence, comme ont essayé de faire certains pays occidentaux ou même africains, le Maroc a toujours tendu la main à ces pays en partageant son modèle holistique en matière de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme. C’est ce qui lui vaut d’ailleurs le respect et la considération de la majorité de ces États sahéliens qui savent qu’ils peuvent compter sur ce précieux allié.
La prospérité, le développement et la stabilité de ces pays reposent en (bonne) partie sur leur niveau de collaboration avec le Royaume, qui ne ménagera aucun effort pour se défendre contre toute tentative de porter atteinte à sa sécurité. Inutile alors de souligner qu’en jouant le jeu des ennemis de son intégrité territoriale, ces pays courent le risque de sombrer davantage et de rester en proie aux groupes terroristes.