Edito
Ce nouvel axe Rabat-Abu Dhabi qui traverse l’Afrique
Les deux pays qui ont déjà à leur actif des dizaines, voire des centaines, de projets conjoints réussis sont déterminés à passer à une autre dimension. Ce n’est pas pour rien que l’on parle d’un «partenariat novateur, renouvelé et enraciné».
L’amitié et la fraternité authentiques ne sont plus à démontrer entre les deux pays qui ont dû gérer différentes crises. Il n’y a qu’à voir l’accueil grandiose réservé au Souverain par Mohammed Ben Zayed Al Nahyane pour se rendre compte du niveau du respect et de la complicité des relations entre les deux chefs d’État qui, chacun à sa manière, ont œuvré pour métamorphoser leur propre pays.
Mais cette visite de travail du Roi Mohammed VI vient surtout inaugurer une nouvelle ère dans les relations bilatérales. C’est un nouvel axe Rabat-Abu Dhabi qui se dessine, avec la particularité cette fois-ci de traverser tout le continent africain (voir p.6).
L’Afrique, justement, les Émirats arabes unis sont conscients de tout le potentiel de développement qu’elle recèle et de tout l’intérêt géostratégique qu’elle représente. Ce n’est pas pour rien que les investissements émiratis dans ce continent se sont multipliés ces 15 dernières années dans divers secteurs et différents pays. Les Émirats figurent d’ailleurs parmi les plus importants propriétaires de terres agricoles en Afrique à travers ce que d’aucuns qualifient de «landgrabbing».
Malgré son influence grandissante dans le continent, notamment à l’est, les Émirats admettent que le Maroc représente une entrée royale vers l’Afrique. La relation de confiance que le Royaume a construite pierre par pierre avec les différents partenaires au gré des multiples investissements réalisés est un atout considérable.
D’ailleurs, en prenant le contrôle de Maroc Telecom, la société émiratie Etissalat avait tiré profit du solide réseau tissé par l’entreprise marocaine en Afrique de l’Ouest. Et signe de confiance dans la connaissance du Maroc de son continent, ce sont toutes les filiales africaines d’Etissalat qui ont été confiées à l’opérateur historique national. Dans un autre registre stratégique, notamment en matière de sécurité alimentaire, les grands propriétaires terriens émiratis savent qu’ils peuvent compter sur les compétences de l’OCP et son ancrage dans le sol africain pour récolter le meilleur de leurs exploitations agricoles.
Cette dimension africaine a toute sa place dans les nouveaux mémorandums signés entre le Maroc et les Émirats arabes unis devant les deux chefs d’État. Cette douzaine de nouveaux accords traite de l’ensemble des chantiers structurants en cours de réalisation dans le Royaume. Des partenariats qui couvrent divers domaines comme les ports et les aéroports, l’eau et l’électricité, le transport et l’énergie, l’immobilier et le tourisme… et qui prévoient divers modes de financement, que ce soit en capitaux ou en prêts concessionnels et commerciaux.
Les deux pays qui ont déjà à leur actif des dizaines, voire des centaines, de projets conjoints réussis sont déterminés à passer à une autre dimension. Ce n’est pas pour rien que l’on parle d’un «partenariat novateur, renouvelé et enraciné».
