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Edito

Brouiller le climat de confiance

Une dynamique vertueuse est enclenchée et il faut porter des œillères fixant un agenda caché pour admettre le contraire.

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Que d’efforts déployés pour tenter de décrédibiliser l’action et les réformes du gouvernement. Certains se font une spécialité de triturer les chiffres de manière à obscurcir le tableau. Quitte à prendre des raccourcis pour étayer un argumentaire tendancieux qui ne convainc même pas ses propres auteurs.
Il y a d’abord ce média reconnu qui condamne déjà à mort la généralisation de la couverture médicale. Cette révolution sociale, voulue par le Souverain et déployée magistralement par l’Exécutif, reste en travers de la gorge de ceux qui voudraient voir le Maroc à la traîne. Pour expliquer le péril de l’AMO, il se base sur l’expérience de la CNOPS, une caisse en instance de réforme car en déperdition, vu son système de plafonnement des cotisations.
Ce n’est pas le cas de la CNSS qui gère justement cette assurance maladie obligatoire, élargie aux travailleurs non-salariés (TNS) mais aussi aux anciens Ramedistes en plus des salariés du secteur privé. Les vases communicants entre ces trois sous-régimes permettent de compenser et d’équilibrer un système soutenu de surcroît par les finances publiques en raison de sa dimension sociale.
Les efforts consentis par les pouvoirs publics pour prendre en charge les cotisations de ceux qui sont encore récalcitrants sont un gage d’équilibre pour cette couverture qui rentre dans le cadre d’une réforme globale du système de la santé au Maroc.
Certains opérateurs privés ont vite compris l’opportunité de s’inscrire dans cette vision nationale. Les investissements dans la construction d’hôpitaux publics comme de cliniques privées se sont accélérés ces dernières années, entraînant dans leur sillage des niches comme le négoce de l’équipement médical, les sociétés foncières ou encore la formation du personnel médical. La santé n’est plus qu’un simple service social, désormais accessible à tous, mais aussi une activité économique génératrice de plus-value et de mieux en mieux contrôlée dans son volet fiscal.
Bien évidemment, il ne faut pas croire que toutes les problématiques du secteur de la santé sont derrière nous. Nous n’en sommes qu’aux balbutiements de cette réforme qui avait trop traîné. Ni croire non plus que la formule actuelle de l’AMO est parfaite : le retour d’expérience et les études actuarielles futures imposeront forcément des ajustements. Mais une dynamique vertueuse est enclenchée et il faut porter des œillères fixant un agenda caché pour admettre le contraire.
Ce cercle vertueux du secteur de la santé peut être transposable à d’autres pans de l’économie. Une économie que là encore certains cherchent à pestiférer en prétendant qu’elle «va mal». Et s’il faut faire dans les approximations pour démontrer que le gouvernement Akhannouch a failli sur le plan économique et qu’il a perdu la bataille de la croissance, ils ne s’en privent pas. Ainsi, on peut aisément confondre entre flux net des IDE et recettes nettes de ces mêmes IDE juste pour faire dans le sensationnalisme et trouver un record à reculons. En parallèle, on passe sous silence toutes les bonnes performances qui ont même poussé les autorités monétaires à abaisser le taux directeur. Une décision suffisante pour balayer tant de balourdises télécommandées pour barrer la voie au train du développement et brouiller le climat de confiance.