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Chronique

Un moi(s) jeune

Le mois a commencé par les manifestations et a fini par la première Coupe du monde de football gagnée par la même génération de jeunes. Nous aurions peut-être tort de la catégoriser que d’un côté ou d’un autre.

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Le Maroc a créé la surprise en remportant pour la première fois le Mondial des moins de 20 ans, grâce à sa victoire contre les favoris argentins à Santiago, au Chili.

Cette consécration arrive quelques mois avant que la sélection A joue la Coupe d’Afrique des nations de football (CAN), qui aura lieu du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, à domicile.

Une génération capable du meilleur
La première Coupe du monde de football gagnée par le Maroc l’aura été par les moins de 20 ans. Hasard de l’histoire, il s’agit de la même génération que celle qui est sortie récemment revendiquer une meilleure éducation et santé au Maroc.

Cette génération a gagné la Coupe du monde, car elle n’a peut-être pas les complexes de ses aînés. Elle se met sur le même pied d’égalité avec les autres équipes, et c’est le cas de le dire en parlant de football.

Elle vient de démontrer que quand elle se discipline, elle devient talentueuse et peut donner le meilleur d’elle-même. Elle est désormais au même niveau, sinon plus, que les autres nations de football, favorites et plus habituées à gagner les coupes et championnats du monde.

Cette génération ne fait que (mal) vivre les conséquences de la mauvaise gestion dont elle ne comprend pas les causes. Elle ne comprend pas non plus que l’on ne puisse ou ne veuille éradiquer les origines de la mauvaise gouvernance.

Que l’on ne fasse pas des évaluations et des bilans et que l’on n’écarte pas ceux qui ont commis ou/et qui commettent des erreurs ou des manquements dans leur gestion du service public.

En somme, elle ne comprend pas que l’on n’applique pas ce qu’on lui apprend à l’école, au collège, au lycée et à l’université. Et qu’on lui assène à longueur de journée de belles paroles, des maximes, des conseils…

Une génération sans complexes
Une génération qui ne veut pas sombrer dans le cynisme politique, car elle n’a pas intériorisé les failles devenues structurelles chez ses parents et ses grands-parents. Elle ne reconnaît pas la société de classes dans laquelle elle vit. Elle a été formée par le monde virtuel, les réseaux sociaux, les algorithmes…

Elle observe en direct, à la minute près, ce qui se passe partout ailleurs et ne comprend pas pourquoi ce qui est possible ailleurs demeure un rêve éveillé chez nous. Que pourrions-nous lui reprocher ? Rien. Peut-être l’indiscipline ? Même pas.

Car cette indiscipline est la composante normale du conflit de générations qui pourrait lui permettre de sortir de l’adolescence, de s’émanciper et de «tuer» le père, au sens psychologique du terme.

Moralité de l’histoire : quand on fait confiance à cette génération, elle est capable de réaliser des miracles. Et si on transposait la Coupe du monde du football au monde politique et social ? Ne nous faudrait-il pas, dans notre pays, donner plus de chance et de responsabilités aux jeunes ?

Ne serait-ce que pour respecter la représentation démographique dans laquelle les jeunes sont majoritaires!

«Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître, et c’est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres», disait Gramsci. Nous y sommes, le vieux monde n’est pas tout à fait mort et on ne le lui souhaite pas complètement.

Ce dont on rêve c’est qu’il cède un peu de place aux jeunes pour que le flou ne finisse pas par engendrer des monstres. Profitons de ce qu’il s’agit d’une génération encore vierge, faite d’une matière première qui peut être bien ou mal façonnée.

Il n’y a pas de miracle, le moyen c’est l’éducation. L’on ne peut pas continuer à faire les mêmes erreurs et espérer un résultat meilleur.
La Culture est la Solution.