Chronique
Tout dépendra de ce que l’on fera de l’IA
Selon les issues des sondages du PNUD, effectués auprès de 21.000 personnes dans 21 pays, l’IA pourrait constituer «un outil puissant au service de l’amélioration de la vie de millions de personnes si elle est utilisée à bon escient».
Que n’a-t-on pas entendu au sujet des effets, pour ne pas dire des méfaits, de l’intelligence artificielle générative !
Cette technologie produit des contenus dangereux, elle détruit des emplois et agit de manière faste et néfaste sur les liens entre les humains.
Si une bonne partie de ces maux ne sont pas faux, ce serait être pris à défaut que de se limiter uniquement au côté obscur de cette force technologique.
Quitte à en surprendre plus d’un, l’IA pourrait en effet constituer «un outil puissant au service de l’amélioration de la vie de millions de personnes si elle est utilisée à bon escient».
Un constat qui a d’autant plus de poids qu’il est dressé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Dans son rapport publié en ce début de mai, l’agence onusienne ne cache pas son optimisme sans pour autant éluder le réalisme qui s’impose dans le contexte géopolitique actuel.
Pour mener à bien son enquête consacrée à l’IA et au développement humain, le PNUD a vu les choses en grand.
L’un des plus importants sondages d’opinion publique portant sur l’intelligence artificielle, réalisés ces trois dernières années dans le monde, s’est étendu entre novembre 2024 et janvier 2025.
Il a été mené dans 36 langues et a ciblé plus de 21.000 personnes dans 21 pays couvrant 63% de la population de la planète.
Les réponses à la vingtaine de questions posées révèlent que près de 60% des personnes interrogées s’attendent à ce que la technologie ait un impact positif sur leur travail et crée de nouvelles opportunités.
Les personnes vivant dans des pays à faible et moyen développement étaient particulièrement enthousiastes : 70% espèrent que l’IA augmentera leur productivité.
Par ailleurs, deux tiers d’entre elles prévoient de l’utiliser dans l’éducation, la santé ou le travail, au cours de l’année à venir.
Ces résultats qui battent en brèche bien des idées reçues démontrent qu’en matière d’IA tout est question de volonté, comme le rappelle le directeur du bureau du Rapport sur le développement humain du PNUD, Pedro Conceição.
«Les choix que nous ferons dans les années à venir définiront l’héritage de cette transition technologique pour le développement humain».
Ainsi, les auteurs de cette étude soulignent que «grâce à des politiques adaptées et une attention particulière portée aux personnes, l’IA peut constituer une passerelle essentielle vers de nouvelles connaissances, compétences et idées, permettant à tous, des agriculteurs aux petits entrepreneurs, de s’émanciper».
L’accent est mis sur la complémentarité entre technologie et humanité. Il faut aussi veiller à réduire la fracture numérique pour laisser le moins de personnes possible sur le bord du chemin qui mène au développement humain.
Dès lors, en envisageant la GenIA non pas comme un simple outil destiné à exécuter ou automatiser certaines tâches, mais en tant que levier destiné à favoriser l’innovation sociale notamment, elle contribuera nécessairement au bien-être des populations.
Selon le PNUD, cela passe par exemple par une intégration de l’intelligence artificielle dans le secteur de l’éducation afin de «mettre en place de nouvelles façons d’apprendre».
Et dans le secteur de la santé, il est ainsi préconisé de faire déployer cette technologie pour compléter l’expertise médicale dans les pays où elle fait défaut, et de ce fait, réduire les inégalités.
L’IA peut donc faire pour nous bien plus que ce que l’on croit. «Cela n’est pas qu’une question d’algorithmes, c’est une question de choix».
