Chronique
Rétrospective 2023
Ce n’est pas tout à fait un marronnier, mais ça y ressemble. Pour ne pas échapper à la tradition, ou pire, risquer un malheur en interrompant la chaîne internationale des marronniers, voici une autre rétrospective. Avec un peu de légèreté à laquelle nous invite cette période de l’année, mélancolique toutefois.
Pour les novices en journalisme, un marronnier est un article ou un reportage d’information de faible importance meublant une période creuse, consacré à un événement récurrent et prévisible. Le marronnier en question ici est celui de l’exercice de rétrospective, en décembre, de l’année écoulée.
Que retenir de cette année ?
Au départ, je me suis demandé s’il fallait verser dans un excès d’optimisme ou bien demeurer réaliste, donc pessimiste. Tout en sachant que la solution est toujours quelque part au milieu, comme disait, du fin fond de sa prison, Antonio Gramsci : «Avoir le pessimisme de l’intelligence et l’optimisme de la volonté». Le choix final fut celui d’une intelligence volontaire ou d’une volonté intelligente, c’est selon.
Car, au final, cette année n’a pas été trop claire, un peu moins que les autres. Elle ne peut que nous infliger un sentiment ambigu, mitigé, en nous laissant osciller entre optimisme et pessimisme pour celle à venir.
Pessimisme de l’intelligence… et des faits
Côté pessimisme, 2023 a été une année pendant laquelle le monde est passé d’une guerre à l’autre. Elle a commencé par la guerre déclarée par Poutine à l’Ukraine, le 24 février. L’année a fini par une autre guerre qui a éclipsé la première, celle d’Israël contre les Palestiniens de la bande de Gaza. Entre les deux, il y a eu, le 28 septembre, la dissolution de la république d’Artsakh, peuplée de120.000 Arméniens dont l’Azerbaïdjan a coupé, depuis janvier, la seule route qui leur amenait des vivres, des médicaments et des produits frais.
Les Arméniens du Haut-Karabakh n’ont pas trouvé d’autre solution que de partir s’exiler en Arménie, entassant, dans leurs voitures, leurs familles et quelques souvenirs. Une chance que beaucoup de Palestiniens n’ont pas eue. Voyant la seule frontière par où ils peuvent fuir les bombes israéliennes, fermée à leur nez ! Sans oublier les guerres presque «structurelles», les massacres fratricides au Soudan, les enfants de la jungle en Colombie, le Yémen, le Mali, le Niger et tout le Sahel.
En plus des guerres «artificielles», il y a eu aussi des catastrophes naturelles. Le 6 février, un séisme, d’amplitude 7,8 sur une échelle de Richter qui en compte 9, a frappé des habitants de la Turquie et du nord de la Syrie en plein sommeil. Faisant 50.000 morts et 2 millions de sans-abri. La plus grande catastrophe naturelle de la région depuis cent ans. Le 8septembre, le Maroc a été touché par le plus puissant séisme de son histoire, dans le Haut-Atlas. 3.000 morts. Quelques jours après, l’est de la Libye, près de Derna, la tempête Daniel provoque la rupture de deux barrages, causant 11.000 morts. Le 7 octobre, l’Afghanistan a connu un autre meurtrier tremblement de terre, 2.400 morts.
Optimisme de volonté
Côté optimisme, toutes ces catastrophes ne peuvent que laisser présager une année 2024 un peu meilleure, forcément. Parce que sinon ce sera une escalade de mauvaises nouvelles. En attendant, le Maroc continue à avancer. Côté culture, 2023 a connu un retour réussi des festivals qui sont à l’arrêt depuis la pandémie du Covid-19. C’est désormais de l’histoire ancienne. Et même si certains d’entre eux ont dû reporter leurs dates après le séisme de septembre, le retour n’était que plus réussi et plus solidaire. Le cinéma marocain commence à pénétrer les arcanes internationaux avec des prix prestigieux (Cannes, Marrakech…) Des nouvelles salles obscures voient le jour (Camera à Meknès, Pathé à Casablanca…), et il y en avait grandement besoin.
Bien sûr, il y a beaucoup à dire, mais la promesse était celle d’avoir la volonté de finir sur une note optimiste. Bonne année 2024.
La Culture est la solution.
