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Chronique

Quand le ver informatique entre dans la pomme

Il s’en est effectivement fallu de peu pour que les iPhone ne deviennent aphones. Mais c’était sans compter sur la création d’Apple Intelligence en vue de la doter de nouvelles cordes vocales à son arc.

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Tim Cook semble avoir trouvé la recette du succès pour rattraper son retard dans la course à l’intelligence artificielle. Une décoction concoctée in extremis par le patron d’Apple. C’est sans doute l’aboutissement d’une ébullition cérébrale, avec pour principal ingrédient, si ce n’est l’unique, la formule magique développée par Open AI. De quoi s’ouvrir grandes les portes des applications infinies, définies par les grands modèles de langage, tout en préservant à l’abri des regards indiscrets, leur cuisine interne et les ustensiles qui vont avec.
Le géant de Cupertino, qui fut longtemps largement en avance sur la concurrence, a vu son avantage tiré de son sens de l’innovation, fondre comme neige au soleil, dans la marmite informatique de certains de ses rivaux. Cela n’a pas manqué de donner des sueurs froides à Siri. L’assistante virtuelle, qui a eu longtemps le vent en poupe, a été balayée comme une poupée de chiffon par la tornade ChatGPT. La voix vedette des smartphones a failli se retrouver reléguée au fin fond du cimetière des antiquités technologiques. Ce qui aurait été fort logique. Il s’en est effectivement fallu de peu pour que les iPhone ne deviennent aphones. Mais c’était sans compter sur la création d’Apple Intelligence en vue de la doter de nouvelles cordes vocales à son arc.
Il s’agit désormais de faire de Siri une flèche, dans cette nouvelle ère qui ne croit qu’en l’IA. Même s’il y a fort à parier qu’elle ne touchera en plein cœur qu’un nombre limité d’amateurs de la Pomme. Ces derniers devront, en effet, disposer de la nouvelle version du système d’exploitation sur des appareils de dernière génération.

Autrement dit, rien ne sera gratuit
Mais juré, craché, les généreux partisans de l’empire fondé par Steve Jobs en auront pour leur argent. Son successeur leur promet en effet «un outil indispensable à des produits qui jouent déjà un rôle essentiel dans nos vies» à travers la possibilité pour l’utilisateur de s’adresser à Siri à l’oral comme à l’écrit.
En dépit de ces progrès, Apple semble subir, non sans gravité, la loi de Newton, tel un fruit qui aurait trop mûri.
Une chute précipitée par le déploiement de capacités de calcul considérables pour répondre promptement et proprement aux requêtes des adeptes de l’IA.
Des capacités qui induisent le recours aux semi-conducteurs les plus récents dont le premier fournisseur mondial n’est autre que l’américain Nvidia.
Portée par un insolent succès et surtout une stratégie visionnaire, l’entreprise vient de dépasser Apple en bourse avec une capitalisation supérieure à 3.000 milliards de dollars.
Certains diront que la marque à la pomme a laissé le ver informatique s’installer en son sein sans s’en rendre compte.
Et s’il y en a un à qui tout cela ne sourit pas, c’est bien le patron de Tesla.
Elon Musk a fustigé le partenariat entre Apple et OpenAI, allant jusqu’à décider d’interdire les iPhone dans ses entreprises à cause des menaces pesant sur la sécurité des données.
Une position qui se rapproche curieusement d’une attitude de mauvais perdant. Un an après avoir appelé les géants de la techno à freiner le développement de l’IA, l’enfant terrible de la Silicon Valley a lancé lui aussi sa propre start-up dans ce segment de pointe, allant jusqu’à vouloir créer un supercalculateur à coup de milliards de dollars.
La preuve s’il en est que dans cette course effrénée à l’intelligence artificielle, tous les moyens sont bons, y compris les grandes déclarations, la main sur le cœur, pour ne pas se faire larguer. Et ce n’est pas Siri qui aurait dit le contraire.