Chronique
Pourquoi en veulent-ils au Maroc ?
Si, en définitive, le Royaume n’a jamais à craindre les assauts contre sa sérénité tant que la symbiose entre le trône et le peuple existe, les patriotes sincères doivent redoubler de vigilance, les temps étant de plus en plus périlleux.
La maladie m’a éloigné de vous depuis le début de l’été. Je reviens de loin. De trop loin même. D’une longue quasi-agonie où seule la clémente indifférence d’Azraël m’a rendu à la vie.
Aussitôt sorti d’un difficultueux coma de près de deux mois, et assujetti par le collège de médecins qui me suit à ce qu’on appelle «l’hospitalisation à domicile» (HAD), je me suis retrouvé face à face avec l’immense tentative de déstabilisation du Royaume dont j’ai déjà dénoncé les prémices il y a quelque temps.
Mais, je ne soupçonnais nullement que ces attaques simultanées venant de toutes parts contre le Maroc, sa monarchie et son Souverain allaient prendre cette ampleur. C’est une conjonction de plusieurs animosités dont la motivation unique est claire comme l’eau de roche : «On ne peut pardonner autant de réussites en si peu de temps !»
Le Royaume a été la cible d’une cascade de campagnes de dénigrement qui a débuté par la fake news des armes israéliennes transitant par le port de Tanger. S’ensuivront d’autres campagnes les unes plus toxiques que les autres.
L’attaque contre la Commanderie des croyants via le ministère des Affaires islamiques derrière le paravent de la discussion du projet de réforme du Code de la famille ou encore l’exhortation royale de s’abstenir de sacrifier au rituel de l’Aïd Al-Adha.
Au point que le salafo-islamiste Ahmed Raïssouni traita le ministère de «jahili» (préislamique). Ces derniers temps, on a actionné une grosse fake news prétendant que le Maroc maltraiterait les populations subsahariennes résidant sur son territoire, alors que le monde entier considère le Royaume comme un modèle en matière d’immigration.
La campagne visant les services de sécurité nationaux est autrement plus néfaste. Outre les attaques ad hominem à l’encontre des patrons des services, Hammouchi et Mansouri, des tonnes de palabres ont été vomies à propos d’une prétendue guerre entre ces services.
Des youtubeurs marocains, vraisemblablement bien gavés par leurs maîtres étrangers, alimentent quotidiennement cette campagne de toutes sortes de délires fantasmés toute honte bue. D’autres «influenceurs» à la solde de puissances étrangères ont tenté la combine séparatiste tant au nord via les revendications rifaines qu’au sud à travers la question saharienne.
Puis, il y eut dernièrement le phénomène «jabarout» qui s’est attelé à diffuser des données à la manière de wikiLeaks. Ajoutons à cela les attaques contre le choix marocain des préparatifs infrastructurels du Mondial de football. Les voix toxiques sont tapies au Canada, en Espagne, en Hollande, à Alger… mais leurs échos sont parmi nous.
Pourquoi toute cette haine et pourquoi maintenant ?
Aujourd’hui, le puzzle de cette haine semble reconstitué. Comment pardonner cette audace marocaine qui a campé des domaines allant du football à la diplomatie, en passant par les industries automobile et aéronautique ? Comment pardonner le rapport affectif fusionnel entre ce Roi et son peuple, à l’heure où les cotes des dirigeants dégringolent partout dans le monde ? Et puis comment digérer la «fuite» de ce vieux Royaume vers son décollage grâce à son opiniâtreté et un volontarisme à nul autre pareil ?
«Des milliers de grues à travers le pays, des centaines de milliers de tracks. Des ports, des aéroports, de nouvelles routes, des villes sortent de terre. Tout bouge, tout se rénove, tout se vivifie, tout se transforme. Chacun au poste de responsabilité où il se trouve a à cœur d’accomplir le meilleur. Un seul secret : la relation Roi/Peuple», écrit Françoise Dominique Bastide.
Les réussites marocaines s’apparentent à une sorte d’insolence pour nombre d’amis et d’ennemis. Les opérations de désinformation, les velléités de déstabilisation viennent, en fait, des ennemis comme des amis qui furent obligés par le «Maroc nouveau» à avaler tant de couleuvres.
Sinon comment expliquer la série des six articles du «Monde» où l’on a fait dans le réchauffé, puisqu’on y trouve parfois mot pour mot des préciosités publiées par Jean-Pierre Tuquoi ou Ignacio Cembrero ? Cette salve d’attaques contre la personne du Souverain marocain hors de tout contexte approprié ne peut être ni spontanée ni innocente.
En vérité, plusieurs agendas se recoupent dans cette animosité mortelle contre le Maroc. Et l’on peut aisément deviner que beaucoup de temps a été consacré à l’élaboration de cette stratégie de déstabilisation. Celle-ci vise tour à tour la personne royale, le Prince Héritier, les services de sécurité, la Commanderie des croyants, la diplomatie, etc. C’est-à-dire les principales fondations de la nation.
En vérité, l’émergence du Maroc est redoutée non seulement par son ennemi exemplaire qu’est l’Algérie, mais également parfois par des puissances dites amies, dont le vieux mépris est toujours tapi sous un amas d’accords, de conventions et de traités d’amitié.
Voyez-vous, il existe un seuil de tolérance au-delà duquel les puissances moyennes et les superpuissances se dressent sur la route des nations émergentes. En 2016, alors que la Turquie allait rejoindre incessamment le top 20 des meilleurs PIB mondiaux, des avions partirent de bases étrangères pour attaquer Erdogan.
Qui a noyauté l’armée pour déstabiliser le régime d’Erdogan ? Aujourd’hui, le PIB turc (2.292,51$) dépasse celui de la Corée du Sud, flirte avec celui de l’Italie (2.397,40$) et s’approche vertigineusement de celui de la France (2.962,80$). Avant ce putsch avorté, on se souviendra d’une série de campagnes antiturques vigoureusement déployées en Europe et aux USA. La leçon turque doit être retenue par les Marocains.
Si, en définitive, le Royaume n’a jamais à craindre les assauts contre sa sérénité tant que la symbiose entre le trône et le peuple existe, les patriotes sincères doivent redoubler de vigilance, les temps étant de plus en plus périlleux.
