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Chronique

Positivons, malgré tout

Et si on analysait les manifestations de la jeunesse autrement, positivement. Pas dans la confrontation, inégale, ni dans le conflit, méchant, mais dans une optique de dialogue et d’apprentissage de la citoyenneté.

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Que nous ne considérions plus les récentes manifestations en tant qu’attroupements de protestation, mais comme la manifestation d’une jeunesse et d’un peuple, qui expriment la volonté d’être associés à la décision publique qui les concerne, parce qu’au demeurant collective.

Un exercice collectif d’éducation populaire, en somme. Et si on voyait dans ces manifestations une volonté du peuple, et notamment de la jeunesse, d’exprimer une citoyenneté que seules les élections ne peuvent satisfaire, étant donné leur manque d’efficacité en termes d’évaluation citoyenne.

Pas d’angélisme, mais de la bienveillance
Il ne s’agit pas de faire de l’angélisme, nous savons tous que nous ne sommes pas dans «Alice aux pays des merveilles».

Mais peut-être «simplement» de revoir ces manifestations sous un autre angle, pas obligatoirement celui de la confrontation entre le pot de terre et le pot de fer, et l’on sait déjà qui gagne à la fin.

Comme pour la définition d’un sport collectif résumé par l’international anglais Gary Lineker : «Le football est un jeu simple : 22 hommes courent après un ballon pendant 90 minutes et, à la fin, c’est toujours l’Allemagne qui gagne».

Les manifestations sont un «sport» collectif et à la fin, c’est l’État qui gagne. Même quand il ne gagne pas de suite, à la longue, l’amnésie populaire fait en sorte que la «nature» reprenne ses droits, et que même si la mobilisation a été intense, ponctuellement, l’état de nature est presque toujours celui d’une reprise en main perpétuelle par l’État.

La conclusion demeure la même, «criez autant que vous voulez, rien ne change».

Il faudrait enfin se convaincre que le conseil de Juvénal, poète de la Rome antique, «donnez-leur du pain et des jeux, et ils ne se révolteront jamais» ne fonctionne plus. Le sport, seul, ne suffit plus pour faire baisser la pression. En plus du jeu, il faudrait aussi du pain. Du pain quotidien et surtout du pain pour tous les jours.

Écraser la volonté populaire laisse des traces
Il faudrait, à présent, que les responsables et décideurs n’insultent plus l’intelligence d’une jeunesse, intelligente bien que maladroite par moments. Car si la rue ne gouverne pas, on ne peut pas gouverner contre la rue.

Prendre ce chemin demande beaucoup d’énergie en renseignements, en gendarmerie, en police, en forces auxiliaires, en justice… Au final, écraser la volonté populaire laisse des traces, attise les colères et génère du ressentiment. C’est toujours contreproductif.

Face à un pouvoir toujours plus sourd, la conflictualité s’aiguise et les mouvements sociaux se radicalisent. Cela ne génère que davantage de répression et un cycle mortuaire que celui de mobilisation-répression-durcissement.

Nous savons, a priori, qui gagne à la fin. Faut-il faire un dessin pour expliquer le gap entre le rapport des forces ? C’est le même qui gagne aussi parce qu’en face l’on a de moins en moins de personnes qui ont envie et qui peuvent résister éternellement.

L’amnésie populaire arrive, enfin, pour achever le travail et revenir à la situation originelle. Nous n’avons rien inventé, il suffit de s’inspirer des leçons de notre passé.

Espérons que la sagesse gagne ceux qui détiennent la force publique et que l’exemple soit donné par ceux qui manifestent pour que le message et la conclusion soient ceux d’une participation citoyenne d’un peuple et d’une jeunesse qui aspirent à être entendus et à participer activement et pacifiquement au destin collectif de notre pays à tous.

Ce serait la meilleure culture de participation constructive.

La Culture est la Solution.