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Chronique

Pas de contrainte en religion

De retour au Maroc, revenant de trois jours passés en Belgique, je me suis retrouvé dépaysé, pas à Bruxelles mais à Casablanca. La densité des femmes et filles voilées dans les transports publics bruxellois dépasse de loin celle que l’on trouve à Casablanca.

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Là-bas, le débat sur la laïcité ne s’arrête jamais. Tellement le paysage urbain est marqué. Avec des variantes toutefois, l’on voit des filles voilées, avec de faux cils parfois exagérés, un maquillage débordant et des joues et des lèvres ostensiblement refaites.

Elles ne pourraient cacher aussi facilement que les cheveux. Il ne s’agit nullement d’un jugement de valeur, mais d’un questionnement sur les motivations d’un accoutrement supposé religieux.

La question qui se pose est toujours la même : ces femmes et filles portent-elles le voile par conviction religieuse, par contrainte familiale ou sociale, par effet de mode ou encore par esprit de rébellion ou d’affirmation identitaire dans une société à laquelle elles appartiennent, car souvent elles sont nées là-bas, mais les ostracisent peut-être ?

Si c’est de conviction religieuse ou de mode qu’il s’agit, nous n’avons même pas à nous poser la question. Sauf, bien entendu, en cas de prosélytisme, encore qu’il n’est pas interdit dans plusieurs pays.

Il n’est pas interdit de faire l’apologie de sa religion, du moment que c’est fait dans des espaces privés ou même dans la rue. L’on voit des témoins de Jéhovah stationner dans les coins de rue avec leurs pancartes et brochures, prêts à répondre aux questionnements des passants, si ces derniers en ont envie.

En France, la loi définit clairement que l’enseignement public est laïc et que tout prosélytisme politique ou religieux est interdit dans le système éducatif public. En Belgique, la Cour constitutionnelle a avalisé la loi interdisant le «voile intégral» en public. Et le débat continue.

Après tout, chacune fait ce qu’elle veut, dans les limites de la loi. La question qui se pose à nous est comment faire la distinction entre un comportement vestimentaire librement consenti par religion ou mode ou expression et une obligation de porter le voile par contrainte familiale ou communautaire ?

Nous avons longtemps milité pour un système éducatif et une action culturelle conférant à ces jeunes filles l’esprit critique qu’il faut pour qu’elles ne soient pas facilement influençables. Mais finalement, nous voyons que le résultat n’est pas garanti même dans des pays où le système éducatif public n’est pas dirigé vers une religion. Alors, quoi faire ?

La question centrale est celle de créer les conditions du libre arbitre. Celui du moment où une jeune fille ou femme décide de porter ce qu’elle veut, en toute liberté. Nous pouvons dire que le regard de la société et de la famille demeure oppressant et peut définir le comportement vestimentaire d’une jeune fille.

Comment faire en sorte pour qu’elle n’ait pas à subir les remontrances de la famille ou de la société ? Il se trouve que des filles cherchent aussi dans le voile la chance ou l’opportunité de trouver un partenaire de vie, à un moment donné. Les règles sont ainsi, de facto, biaisées.

Tout ça pour dire que nous en sommes au même point. Que nous aurions aimé avoir des femmes qui porteraient le voile parce qu’elles le décident et non parce qu’elles y sont contraintes.

Ce qui rajoute de la contrainte à la violence. Comment faire pour garantir aux femmes de pouvoir décider ce qu’elles veulent décider, en toute conscience ?

La Culture est la Solution.