SUIVEZ-NOUS

Chronique

Mériter le Maroc de l’excellence

Nos performances n’auraient jamais pu être au rendez-vous de l’émergence sans la paix intérieure et la sécurité extérieure instaurées et enracinées sous le règne de Mohammed VI, sans le moindre soupçon de violence policière ou militaire.

Publié le


Mis à jour le

Je ne pense pas exagérer en affirmant que cette journée du lundi 25 mai dernier fut historique. Ce jour-là, je fus bien fier de mon pays en lisant le dernier rapport sur l’Indice de l’industrialisation en Afrique (IIA) qu’a publié le groupe de la Banque africaine de développement (BAD).

Ce rapport, lancé en marge des assemblées annuelles de la BAD, révèle que le Maroc venait de détrôner l’Afrique du Sud pour devenir la première économie industrielle du continent.

Ma fierté est confortée par les éléments que voici : 87% de la valeur des exportations marocaines sont des produits manufacturés.

À l’aune de l’indice d’innovation, cela fait cinq ans que le Maroc est n° 1 d’Afrique, et même parmi les premiers mondiaux par rapport à son PIB, selon le Global Innovation Index (GII).

Pourquoi ne me réjouirais-je donc pas, moi qui ai parcouru trois règnes marocains et étais le contemporain de pas moins de dix présidents de la République française (de Vincent Auriol à Emmanuel Macron), en rêvant à ce premier rang industriel marocain au sein du continent ? À dire vrai, j’en ai même rêvé du temps où je baignais dans le «marxisme amniotique» des années 70 !

Ainsi donc, le Royaume dépasse l’Afrique du Sud ravagée par l’insécurité – l’intégralité du pays est classée par les instances internationales en zone de vigilance renforcée – et le sida (près de 15% de la population).

Le Maroc dépasse ensuite une Égypte assise sur l’une des pires bombes démographiques du monde, puisque 95% de ses 120 millions d’habitants sont concentrés sur seulement 5% de la superficie du pays, dans la zone du Delta du Nil, avec une moyenne quotidienne de 5.439 naissances ! Depuis la dictature nassérienne, l’Égypte n’a jamais pu concevoir une vision intelligible de son futur.

Elle a toujours vécu dans le tourbillon des urgences. «À force de sacrifier l’essentiel pour l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel», écrivit notre regretté ami Edgar Morin.

Ici et maintenant, entre Cap Spartel et Lagouira, le sérieux paie et, souverainement, l’excellence s’impose. Et c’est à l’aune de l’inquiétude croissante que nous suscitons autour de nous et même parmi les plus grandes puissances que nous mesurons nos performances industrielles, infrastructurelles, agricoles, diplomatiques ou sécuritaires.

Voici donc ma patrie placée sur une trajectoire d’émergence que l’on enseignera partout dans quelques années, comme l’a été la trajectoire des Dragons d’Asie. «Il n’y a au monde que deux manières de s’élever, ou par sa propre industrie, ou par l’imbécillité des autres», avait écrit La Bruyère dans «Les Caractères».

Les yeux fermés, le Maroc peut cocher les deux cases à la fois. Je ne sais pourquoi, à cet égard, je pense aujourd’hui au sinistre Mohamed Ben Brahim Boukharrouba, alias Houari Boumediene.

Vous savez, celui qui a chassé d’Algérie 350.000 Marocains «avec une main devant et une main derrière», le jour de l’Aïd Al-Adha de l’an 1975 ! Je pense à ce fruste bipède aujourd’hui précisément à propos de sa funeste «industrie industrialisante» qui connaîtra la même infortune que sa tragicomique «Révolution agraire».

Tout cela a fait un retentissant pschitt ! En revanche, rien ne fera disparaître du grand registre de l’Histoire ce que le Comploteur et son FLN avaient appelé la «Marche noire» !

Nos performances n’auraient jamais pu être au rendez-vous de l’émergence sans la paix intérieure et la sécurité extérieure instaurées et enracinées sous le règne de Mohammed VI, sans le moindre soupçon de violence policière ou militaire.

En vérité, rares sont ceux d’entre nous qui apprécient à sa juste valeur la paix dont nous jouissons. Ni a fortiori l’effort colossal investi dans ce domaine, où une doctrine innovante s’insère harmonieusement dans la Vision royale du Maroc démocratique du XXIe siècle.

Oublierait-on qu’ils sont aujourd’hui des millions de par le monde à rêver de paix après avoir perdu leur terre, leur pays, leurs maisons… la paix ? Leur «tort» était celui d’avoir cru des dirigeants démagogues, bellicistes, souvent arrivés au pouvoir par les armes.

Certains de ces peuples ont vu leurs pays pulvérisés et se sont éparpillés sur les routes de l’exode. Je ne parle même pas du vaillant peuple palestinien qui attend toujours une patrie. Tout cela est le résultat de ces guerres qui enfilent insidieusement les burnous idéologiques et qui ne sont que l’alibi machiavélique des impérialismes et des lobbys de toutes sortes.

L’Iran des mollahs a perdu, selon la majorité des think tanks spécialisés, près d’un million de personnes face à l’Irak et cela n’a servi à rien. Le voilà-t-il courant toujours derrière les technologies apocalyptiques sous la houlette d’une idéologie dévastatrice ?

Nous avons la chance d’avoir un pays paisible qui avance résolument vers une vie meilleure pour notre peuple. Nous avons un passeport bénéficiant d’un nombre respectable d’exemptions de visa.

Nous avons pu atteindre, non sans grands sacrifices, un consensus patriotique et institutionnel des plus solides. Bref, nous avons l’essentiel de ce dont rêve un nombre considérable de peuples.

Préservons-le coûte que coûte, notamment au moyen de la sérénité couplée à la vigilance, sans jamais tomber cependant dans le piège des provocations !

Mais gare à la cinquième colonne qui s’est mise au service d’agendas hégémoniques masqués ou avérés et prenons garde aux âmes acrimonieuses au pouvoir de nuisance redoutable ! Raisonner un traître «patenté» ou un aigri ambitieux est autrement plus difficultueux que de convertir un dictateur aux vertus démocratiques !

À l’horizon 2035, notre pays abandonnera probablement l’étiquette «En voie de développement». Abandonnons auparavant et au plus vite le sous-développement mentalitaire afin de mériter ce Maroc de l’excellence !