Chronique
Made with AI ?
OpenAI vient de développer un outil qui permet de détecter les images créées à partir de son générateur de clichés, «DALL-E 3». Une avancée non négligeable dans un univers que l’on considérait il y a encore peu comme ingérable.
L’intelligence artificielle est tellement partout, qu’on ne la voit plus nulle part. Et pour cause, les outils qui sont utilisés aujourd’hui rendent de plus en plus compliquée la différenciation entre du contenu généré par l’IA et des créations qui sont l’œuvre d’esprits déliés de toute nouvelle technologie.
Alors dans leur bonté légendaire, les géants de cette nouvelle ère ont donc décidé de nous aider à y voir un peu plus clair. Ils se comportent tels des bourreaux dont les bureaux donnent sur un océan numérique et qui de temps à autre nous balancent, sidérés, dans le vide sidéral de leur effervescence cérébrale. Une fois au milieu des vagues de photos et de vidéos postées sur les réseaux, ils vous envoient enfin, tel un mauvais présage, ce qui est censé nous servir de bouée de sauvetage.
À bout de souffle, il nous devient très compliqué de saisir à la force du poignet la clé qui pourrait provoquer le déclic. Des clics, il en faut plus d’un en effet pour parvenir à rester lucide et distinguer le vrai du faux, malgré tous les défauts de cette matière insipide.
Ainsi, OpenAI vient de développer un outil qui permet de détecter les images créées à partir de son générateur de clichés, «DALL-E 3». Une avancée non négligeable dans un univers que l’on considérait il y a encore peu comme ingérable.
La start-up en grande partie financée par Microsoft est fière d’annoncer des données «macros» de manière sotte, révélant des essais concluants, à hauteur de 98%.
2% à peine de l’échantillon ciblé serait donc passé entre les mailles du filet.
Mais il serait assez imprudent de se réjouir de sitôt au risque de basculer dans une certaine naïveté. Puisqu’en effet, l’étude dévoile par ailleurs que 0,5% des clichés attribués à l’IA sont en réalité des contenus générés par un cerveau humain.
On se demande alors à ce stade quelle conclusion il faut en tirer.
Serait-ce une mauvaise manipulation dont les conséquences s’avèreraient encore plus chaotiques de par le manque criant d’éthique.
Ou faut-il y voir un pied de nez de l’intelligence artificielle qui, en plus de pouvoir développer des contenus plus vrais que nature, aurait aussi la capacité de dénaturer des créations dont le niveau de génie dépasse celui de l’AI.
Mais là où le géant de l’IA ne parvient pas à dissiper les doutes sur son intention, c’est au niveau de la faible extension de sa solution.
Celle-ci n’est en effet efficace que sur le logiciel fait maison, ce qui exclut des hordes d’outils, aux ordres d’auteurs qui surfent sur cette tendance.
Autant dire que ce n’est pas demain la veille que l’on pourra naviguer sur le net sans risquer de prendre de plein fouet des illusions qui, en plus de nous flouer, nous plongent dans la désolation.
Sans oublier qu’il suffit que le contenu généré par le fameux logiciel en question soit légèrement retouché pour qu’il parvienne dare-dare à filer sous les radars.
Tels de véritables pompiers pyromanes, les géants de l’informatique enflamment la Toile de leurs trouvailles, avant de rassurer les consommateurs sans jamais pouvoir éteindre totalement l’incendie qui les consume.
À l’instar de Meta et Google, OpenAI a aussi fait le choix d’intégrer des mouchards en filigrane sur les images d’IA, afin, disent-ils, de respecter les normes de la Coalition for Content Provenance and Authenticity.
Une sorte de gendarme de la bourse aux productions artificielles, qui ne semble pas leur donner la frousse.
Eh bien qu’à cela ne tienne, les leaders du secteur ont désormais sorti l’artillerie lourde, à travers la mention «Made with AI» apposée sur les clips et les captures concernés.
Attention cependant aux contrefaçons !