Chronique
L’impossible déstabilisation du Maroc
Cette vaste campagne que ces promoteurs voulaient déstabilisatrice a fait pschitt durant une bonne semaine où la diplomatie marocaine a accompli des exploits inédits aux USA et en Europe, notamment de l’Est.
Le pire ennemi du génie n’est pas l’imbécillité, mais la médiocrité. Pour un pays, un être médiocre est bien plus dangereux qu’un terroriste ou même un putschiste. Alors que ces derniers doivent se cacher pour fomenter leurs forfaits, le médiocre est si fier de sa nullité qu’il la brandit à tout propos.
Tel est le cas de la cinquième colonne mobilisée par les ennemis du Royaume pour mettre en doute l’attachement du Maroc aux droits légitimes du peuple palestinien. Cette fois-ci, Al Adl wal Ihsane est sorti de sa tanière pour rejoindre un mouvement aux motivations douteuses. Dieu sait combien d’intérêts iraniens, qataris, algériens… sont fédérés dans une action qui se voulait éminemment déstabilisatrice !
Cette affaire aurait pu être considérée comme banale. Mais le casting des acteurs et le déroulé du scénario face au Port de Tanger Med ne pouvaient pas laisser indifférent. Trop de «faits de hasard» se sont inscrits dans le sens de la déstabilisation d’un Maroc qui ne cesse d’accomplir des performances diplomatiques depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche.
En premier lieu, il faut examiner de près cette autre exception marocaine consistant à manifester non-stop durant plusieurs mois contre le génocide en cours à Gaza. En effet, on ne manifeste guère durant plusieurs mois pour Gaza ni en Égypte, ni en Turquie, ni en Jordanie, ni en Algérie, ni au Qatar, ni en Iran, ni au Liban, ni en Syrie, ni même en Cisjordanie !
Tandis qu’au Maroc, le mouvement s’est intensifié au point de toucher la quasi-totalité des villes. Survint entre-temps la grosse fake news des armes transitant par Tanger à destination d’Israël. Al Adl wal Ihsane tomba aussitôt dans le panneau dressé par un conglomérat de nuisances rassemblant des intérêts disparates et des puissances malfaisantes.
La chaîne Al-Jazeera se saisit du fake news des armes à destination d’Israël et en assure une diffusion non-stop. Les relais marocains de la propagande des bidasses d’Alger y trouvent l’occurrence d’éructer à profusion leur haine contre le Royaume et ses institutions. Les chaînes de télévision algériennes exultaient et Ahmed Ouihmane, le marabout de la haine de soi, put vociférer : «Soit le régime laisse tomber l’ennemi sioniste, soit il tombera !»
Si la médiocrité est née des épousailles de Monsieur Culot avec Dame Ignorance, Ouihmane peut s’enorgueillir de personnifier cette médiocrité-là. Le lascar a trouvé dans la question palestinienne non seulement un exutoire de sa psychopathie de type anal, mais également le semblant d’un sens à une existence somme toute vaseuse. Celle d’un comparse sans foi ni loi. De la même trempe qu’Omar Amkasso, un dirigeant adliste qui a osé s’en prendre frontalement au régime monarchique.
En vérité, la manifestation visant Tanger Med n’a rien d’un acte noble au service d’une juste cause. Comme à son habitude, le Qatar y a convoqué sa filouterie pour servir ses plus vils intérêts. En effet, la société qatarie QTerminals qui détient la majorité du groupe Kramer et donc une bonne portion du port de Rotterdam souffre de plus en plus de la concurrence de Tanger Med.
Or, l’ennemi qui étouffe les intérêts qataris dans ce port n’est autre que le mastodonte Maersk. La chaîne Al-Jazeera en a fait depuis belle lurette son souffre-douleur favori, ne cessant de l’accuser d’être au service de «l’ennemi sioniste». Il se trouve que Tanger Med, contrairement au port de Rotterdam, n’est pas concerné par la taxe imposée par l’Union européenne sur les émissions d’Oxyde de carbone, ce qui constitue un atout de taille.
La voilà donc la vraie raison du ciblage de Tanger Med : la pauvre Palestine y a uniquement servi de faux prétexte. Ni les explications des responsables de Tanger Med, ni les démentis du groupe Maersk concernant les (inexistants) chargements d’armes à destination d’Israël n’ont trouvé entendeur parmi les meneurs de la manifestation.
Mais hélas pour tous ces amateurs de pétards mouillés, l’État marocain, si confiant en lui-même, a laissé faire en s’interdisant notamment de procéder à des arrestations qui transformeraient des larbins de puissances étrangères en leaders. La longue expérience marocaine en la matière fut au rendez-vous et les meneurs revinrent bredouilles vers leurs commanditaires.
Par ailleurs, cette vaste campagne que ces promoteurs voulaient déstabilisatrice a fait pschitt durant une bonne semaine où la diplomatie marocaine a accompli des exploits inédits aux USA et en Europe, notamment de l’Est. Les mercenaires ont cet irréparable travers de croire que leurs nuisances sont imparables ; ils ne distinguent pas les vieilles nations à l’expérience historique inégalable des États non encore enracinés et, par conséquent, facilement friables.
L’ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères qatari, Hamad Bin Jassim, a confié un jour à la presse : «Des régiments entiers de journalistes à travers le monde arabe, dont certains sont devenus des personnalités politiques de renom, nous ont servi tout en se targuant d’être nationalistes et fidèles à la cause palestinienne.
Nous les payions et ils ne pouvaient dire mot sans notre accord. J’ai le plus grand mépris pour ces mercenaires qui pouvaient vendre père et mère pour quelques billets !» Pourvu que cet ancien responsable qatari ait la reconnaissance du ventre à l’égard d’un pays et d’un roi qui ont défendu le Qatar quand ses voisins golfiens l’avaient ceinturé et failli l’anéantir !
Que l’Algérie, l’Iran ou l’Afrique du Sud s’adonnent à des micmacs douteux à l’encontre du Maroc, cela est, somme toute, de bonne guerre. Mais que le Qatar, dûment lié au Maroc, comme ses pairs du Conseil de coopération du Golfe, par une alliance stratégique, s’adonne à ce genre de turpitudes, cela est insupportable. «Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge !», écrivit Voltaire.
