Chronique
L’IA rebat les cartes des requêtes sur Internet
Pour ne pas se laisser dépasser dans la course à l’innovation, Google vient de lancer un nouveau mode de recherche en ligne dopé par l’IA. Une façon de contrecarrer les vélléités de la meute de conccurents menée par ChatGPT.
Depuis plus d’un quart de siècle, il règne sans partage dans le secteur hautement rentable de la recherche sur internet.
Mais aujourd’hui, l’hégémonie de Google est contestée par une intelligence artificielle générative qui n’a pas fini de révéler tous ses secrets.
Pourtant, la filiale du groupe Alphabet en a vu d’autres au cours de ces deux dernières décennies.
Elle ne compte plus les attaques d’une concurrence désemparée qui a maintes fois tenté de faire tomber ce géant de la tech.
Jusqu’à présent, personne n’a réussi à le faire trébucher.
Les plus téméraires ont tout juste réussi à lui chatouiller les chevilles avant de se contenter des quelques miettes qu’il a bien voulu leur lâcher sur un marché qui pèse des centaines de milliards de dollars par an.
Un état de fait que la GenAI est en train de chambouler.
D’ailleurs, la firme californienne l’a bien senti et pour ne pas se laisser dépasser dans cette course à l’innovation, elle a rapidement développé sa propre interface.
Gemeni est venu appuyer le moteur de recherche en proposant, il y a un an, un cartouche qui s’affiche en tête des résultats.
L’AI Overviews apporte donc un complément aux résultats traditionnels composés des liens directs vers les sites internet.
Il faut croire cependant que cette touche esthétique n’a eu qu’un effet homéopathique, puisque la société basée à Mountain View a dû prendre de la hauteur et changer de perspective.
Elle vient de lancer un nouveau mode de recherche en ligne dopé par de l’intelligence artificielle.
L’annonce faite par le DG en personne reflète le sérieux de la situation.
Sundar Pichai est bien décidé, via l’«AI Mode», à contrecarrer les velléités de la meute de concurrents menée par ChatGPT.
Avec cette nouvelle phase d’intégration, Google veut offrir une nouvelle expérience à ses utilisateurs en leur fournissant des réponses personnalisées, des rapports détaillés ou encore des graphiques pour visualiser des données.
Des fonctionnalités qui ne seront accessibles qu’aux États-Unis dans un premier temps, avec l’ambition d’aller «au-delà de l’information, vers l’intelligence», comme le confie à l’AFP Liz Reid, responsable de la recherche au sein du groupe américain.
Pendant ce temps, les rivaux continuent à fourbir leurs armes. La plateforme d’OpenAI permet désormais de faire du shopping en ligne alors que Perplexity AI répond à l’utilisateur de manière instantanée sans le gaver de publicité.
Des assauts dont les premiers effets se font sentir. Sur le plan des usages, le recours à Google sur iPhone a baissé en avril 2025.
Une première depuis 20 ans. En conséquence, l’action de la maison-mère du moteur de recherche a chuté de 7% en une séance.
Et comme les mauvaises nouvelles n’arrivent jamais seules, les ennuis du groupe ne s’arrêtent pas là. Jugée coupable de maintenir son monopole avec des pratiques commerciales déloyales, le gouvernement américain demande à l’entreprise de céder son navigateur Chrome.
Pas de quoi pour autant faire plier le géant du web. Google dispose de plus d’une corde à son arc pour remonter la pente en flèche.
Principaux atouts, sa taille, le réflexe des internautes et les volumes considérables de données générées par ses utilisateurs.
Sans oublier les bénéfices tirés de l’exploitation de l’IA via le développement d’un agent hyperpuissant.
De quoi s’assurer des bénéfices record sur le premier trimestre de l’année, et amortir ainsi les effets des offensives les plus sournoises de ceux qui lui cherchent des noises.