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Chronique

L’IA dans les médias : Entre info et infox

Dans un monde où l’on a longtemps considéré que l’information était gratuite, l’intelligence artificielle vient nous rappeler qu’il faut se méfier de l’info qui dort, puisqu’elle vaut désormais son pesant d’or.

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Les modèles d’intelligence artificielle sont insatiables.
Ils n’en finissent pas d’ingurgiter des téras et des téras de données pour à l’arrivée tenter de délivrer des informations terre à terre.

Mais cette faim infinie produit encore aujourd’hui des effets indésirables qui peuvent s’avérer redoutables.
À force d’intégrer tout et n’importe quoi dans les systèmes d’entraînement de la Gen IA, les ChatGPT et autres Gemini finissent par halluciner en relatant une réalité qu’il est bien difficile de nous faire avaler.

Comme le jour où l’agent censé être intelligent, développé par Google, avait recommandé aux internautes d’ajouter de la colle dans les pizzas.
Au-delà de la dimension indigeste de la recette, ce phénomène, rapporté à des sujets moins menus, peut engendrer des crises de foi en l’humanité.

Et malgré les précautions prises ces derniers temps par les géants de la tech, force est de constater que ces travers n’en sont que plus féroces.
Il y a quelques jours, en effet, certains internautes sont tombés sur un autre os.
Cette fois, la pomme de la discorde a surgi entre l’américain Apple et la BBC.

Le groupe médiatique britannique garde encore en travers de la gorge les pépins qui sont apparus dans les comptes-rendus de l’actualité générés par la firme américaine. Sur leur smartphone, les utilisateurs ont ainsi appris que l’auteur du meurtre à New York du patron d’un géant de l’assurance santé s’était suicidé.

L’information présentée comme provenant de la télévision anglaise est un évènement dont l’avènement est doublement faux !
Prise à défaut, la firme fondée par Steve Jobs a dû faire le sale boulot et balayer les doutes suscités par son outil vieux d’à peine 6 mois.

En termes d’info, ce type de porte-à-faux porte préjudice.
C’est pourquoi il n’y avait d’autre choix que de désactiver le service en question en attendant d’apporter les réponses et les corrections nécessaires, au risque de frôler la correctionnelle.

Alors pour ne pas tomber dans l’intox des infox, certains acteurs de l’intelligence artificielle s’empressent de s’allier à de grands noms de la presse.
Un vent nouveau souffle désormais dans ce domaine avec l’alliance entre la firme tricolore Mistral et la célèbre AFP.
Le robot conversationnel de la start-up en quête de sources fiables a désormais accès aux 38 millions de dépêches archivées et aux quelque 2.300 rédigées chaque jour.

La course à la crédibilité est donc lancée parmi les opérateurs de l’IA générative.
De son côté, Google a mis son moteur en marche pour aller chercher l’agence américaine Associated Press, pendant qu’OpenAI se rapprochait du Financial Times, du quotidien français «Le Monde» et le groupe allemand Springer.
Des unions contre nature qui se nouent bien entendu contre des avantages en nature et de la monnaie sonnante et trébuchante.

Des sommes qui restent bien sûr confidentielles, mais qui se chiffrent en centaines de millions de dollars.
Une manne alléchante pour les médias concernés et un manque à gagner pour ceux qui se considèrent spoliés et lynchés.
À l’instar du prestigieux quotidien américain «The New York Times.»

Fin décembre 2023, il a lancé des poursuites contre OpenAI et Microsoft pour violation des droits d’auteur.
Le journal évalue ainsi la valeur de sa douleur à plusieurs milliards de dollars.

Dans un monde où l’on a longtemps considéré que l’information était gratuite, l’intelligence artificielle vient nous rappeler qu’il faut se méfier de l’info qui dort, puisqu’elle vaut désormais son pesant d’or.