Chronique
Les JO de Paris à l’ère du pari de l’IA
L’IA ne fait pas que protéger les athlètes, elle les aide aussi à performer pour donner le meilleur d’eux-mêmes pendant la compétition olympique.
Ces Jeux olympiques d’été seront historiques à plus d’un titre. Les organisateurs ont vu les choses en grand. Qu’il s’agisse de la cérémonie sur la Seine, la plus chère de l’histoire, ou des différents défis à relever sur le plan sécuritaire. Et en la matière justement, le Comité d’organisation peut compter sur une arme redoutable : l’intelligence artificielle. C’est elle qui alimente notamment les systèmes de vidéosurveillance algorithmiques.
Une technologie inédite dans le cadre de cet événement sportif planétaire. Des caméras hyperpuissantes sont en effet chargées de détecter de manière quasi instantanée certaines situations d’urgence, telles que les départs de feu, les mouvements de foule ou encore la présence anormale d’objets abandonnés. L’IA est ici utilisée en tant que matière préventive.
Mais dans ce contexte, elle doit aussi faire office d’arme défensive contre les cyberattaques susceptibles de provoquer des destructions massives. Les rumeurs et contenus truqués se sont multipliés au cours de ces dernières semaines, alimentés par tous les outils de traitement d’images et de vidéos. Force est de constater que l’intelligence artificielle a ceci de cruel : elle est à la fois le remède et la source du mal.
Ce genre d’attaques ne cible pas uniquement les États, il vise aussi les personnes. Des assauts sur les réseaux particulièrement dévastateurs à l’heure des grands modèles de langage, qui sont même susceptibles d’affecter les performances sportives des athlètes visés.
Conscients de cette menace, et pas des moindres, le Comité international olympique et les autorités françaises ont mis en place un dispositif permettant de passer sous silence les commentaires malveillants. Ici aussi l’intelligence artificielle permet de faire des miracles en réagissant en temps réel, dans 35 langues différentes au profit de plus de 15.000 personnes potentielles.
Elle pourra ainsi faire le tri parmi les quelque 500 millions de messages qui devraient être postés au cours des JO. À vitesse humaine, il faudrait des décennies pour prendre le temps de les lire un par un. C’est dire l’ampleur de la prouesse qui devraient pousser, on l’espère, bien des haters, à se taire une bonne fois pour toutes.
L’IA ne fait pas que protéger les athlètes, elle les aide aussi à performer pour donner le meilleur d’eux-mêmes pendant la compétition olympique. Ainsi, les capacités de traitement de données et de génération de contenus audiovisuels virtuels, offertes par l’intelligence artificielle, donnent la possibilité aux sportifs d’augmenter la réalité de leurs progrès à l’entraînement. Cela vaut dans différentes disciplines, telles que la boxe, la gymnastique, l’athlétisme ou encore les sports collectifs. De quoi garantir un spectacle de grande qualité au public qui va se déplacer en masse.
Dans la foule des spectateurs, les détenteurs de tickets pourront se repérer sur les différents sites olympiques via des applications boostées par l’IA. Ils devront tout de même veiller à ce que leur précieux sésame ne soit pas généré par des escrocs ayant eu recours à des logiciels d’intelligence artificielle, une pratique devenue monnaie courante.
Dans le pire des cas, ils pourront se consoler en suivant les différentes compétitions à la télévision. Puisque dans ce domaine, on n’a pas lésiné sur les moyens pour exploiter les possibilités offertes par l’IA générative, afin de rendre le commentaire sportif plus spectaculaire et plus accessible. De quoi se sentir à la maison aussi proche des pistes de jeux qu’au stade.