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Chronique

La peste et le choléra

On ne peut pas passer sous silence l’horrible massacre de masse perpétré par le régime iranien. Un peuple sort pour manifester pacifiquement et un régime tire à balles réelles, faisant des milliers de morts. Est-ce toujours au nom de l’islam que la République islamique d’Iran tue ?

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En Iran, les 8 et 9 janvier derniers, des armes de guerre ont été utilisées contre des civils et des milliers de personnes sont tuées. Les Organisations internationales parlent de plus de 30.000 morts, dix fois plus que les 3.000 morts déclarés par les autorités iraniennes.

Des données impossibles à vérifier, et pour cause, les autorités avaient coupé l’internet rendant le pays sans contact avec le monde extérieur.

La vérité finit toujours par éclater
Mais la vérité éclate toujours, les images et les témoignages recueillis après le rétablissement d’internet ne laissent aucun doute sur la répression criminelle du régime tout au long de ces deux journées de massacre.

Des images authentifiées montrent des forces de sécurité lourdement armées et un véhicule militaire équipé d’une mitrailleuse. Des témoignages parviennent à présent : «Ils ont commencé à nous tirer dessus. Et ils ne tiraient pas seulement en queue et en tête de manifestations, ils étaient aussi sur les toits des immeubles», dit Shirin, une manifestante qui témoigne pour une radio française.

D’autres vidéos authentifiées montrent, en effet, des forces de sécurité tirant depuis le toit d’un commissariat de police à l’est de la capitale, Téhéran. Des médecins témoignent d’une situation de guerre, preuves à l’appui, car les balles qu’ils extrayaient des victimes sont des balles de guerre.

Les images sont souvent insoutenables. Après celles de la rue, il y a eu des images de morts entassés dans des sacs à même le sol, à perte de vue. Et des familles qui cherchent leurs proches parmi les victimes qui, une fois trouvés, sont contraintes de payer pour récupérer les dépouilles.

Au minimum 3.000 dollars, des témoignages parlent de 10.000 dollars. Le régime iranien dit vouloir faire payer aux familles les balles qui ont servi à «corriger les séditieux».

Des familles enterrent leurs morts dans le secret pour ne pas collaborer avec les autorités qui les obligent à déclarer que leurs proches ont été tués par d’autres manifestants. Les horreurs volent en escadrilles. Est-ce au nom d’Allah des chiites ?

Les «promesses» des bombes américaines
Et pour achever la «bête», Trump déclare qu’il pourrait intervenir au motif que les autorités répriment le mouvement de contestation dans le pays. Comme si le président américain venait subitement de découvrir sa passion pour la défense des droits humains.

Nous n’avons pas attendu longtemps pour entendre les menaces de Trump visant davantage le nucléaire iranien avec une « armada » navale américaine en place aujourd’hui dans le golfe Persique. Et sur qui vont tomber les bombes américaines ? Sur ce que Trump s’apprêterait déjà à appeler «dommages collatéraux», les Iraniens.

Menace de terreur américaine contre la sauvagerie des autorités iraniennes. Aucune des deux n’est légitime, ni les menaces en termes de droit international ni la sauvagerie en termes de doctrine islamique. Et nous ne pouvons pas prendre parti pour l’une ou l’autre des attitudes macabres, étant acculés à préférer la peste au choléra, ou l’inverse.

Les deux, l’Iran de l’Ayatollah Khamenei et l’Amérique de Trump, falsifient les valeurs pour arriver à leurs desseins de pouvoir. Le premier sur un peuple désarmé, le second sur le monde, rien que ça.

Il est vrai que nous ne pouvons plus rien analyser de manière objective. La post-vérité se contentant, avant, d’idées et de fausses nouvelles sert aujourd’hui à justifier la mort en masse.

Nous arrivons à la conclusion d’un bon Américain, il en restera toujours quelques-uns, Woody Allen : «Dieu est mort, Marx est mort et moi-même je ne me sens pas très bien». La Culture est la Solution.