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Chronique

La «monarchie à grande vitesse» et les professionnels de la démoralisation

Le Maroc ne peut plus tolérer le décalage abyssal entre sa «monarchie à grande vitesse» – osons l’acronyme MGV ! – et des créatures qui semblent créées pour ralentir le cours de l’Histoire.

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Décidément, le chef du PJD est hors sol. Je me demanderai jusqu’à la fin de mes jours comment un cancre de la politique, plus sensible aux outrances de «Al-Siyasa al-shar’iyya» d’Ahmad Ibn Taymiya qu’aux édifiantes «Mémoires» de Talleyrand, ait pu accéder à la primature au pays d’Abdallah Ibrahim et Abderrahmane El Youssoufi.

Alors que la diplomatie marocaine s’active tous azimuts pour planter le dernier clou dans le cercueil du Polisario, que le Souverain donne le signal de démarrage de l’extension du TGV jusqu’à Marrakech et que les exploits sportifs nationaux se succèdent, Benkirane rejoint la cohorte de démoralisateurs aussi attachés à leur rémunération que les pleureuses professionnelles.

Aucune performance diplomatique, économique ou sociale ne réjouit cet ancien chef de gouvernement, toujours ébloui lui-même par un destin qu’il n’a ni mérité ni sérieusement préparé. Constamment hors sol, mal à propos et hors de propos ! Il en fait la démonstration spectaculaire à la faveur du 9e congrès de son parti.

Aucune des circonstances particulièrement délicates que traversent le Maroc, le Maghreb, l’Afrique et le monde n’a été prise en compte par les (ir)responsables du PJD lors de leur dernier congrès. N’était-ce la vigilance diplomatique de l’État, le Hamas aurait fait le déplacement à Bouznika, suscitant une confusion dans les rapports du Royaume avec les USA, à l’heure où le devenir définitif des provinces sahariennes se joue au Conseil de sécurité de l’ONU.

Que dire de l’invitation de personnalités étrangères controversées, tels Mohamed Al Hassan Ould Deddew, le prédicateur mauritanien qui a longtemps glorifié le Polisario et insulté le Maroc, ou encore Dogan, le vice-président du parti turc Refah, qui a prophétisé la chute des «dirigeants actuels inféodés aux puissances occidentales» au profit des «partis islamistes, tels le PJD et le Refah», et n’a point hésité à appeler publiquement à la désobéissance.

Des propos qui rappellent ceux que le non regretté Ismaïl Hania tint sur le Maroc et son Souverain. Devant un tel aréopage et dans une atmosphère particulièrement tendue, l’incorrigible blablateur en chef du PJD n’a pu s’empêcher de s’adonner à son obsessionnelle verve anti-Akhannouch, accusant le chef du gouvernement «d’exploiter ses fonctions pour asseoir sa fortune personnelle» et d’une flopée d’autres balivernes.

En tout cas, le congrès a démontré d’une manière tangible que le mal originel du PJD est incurable. Les faits de penser inviter le Hamas, de recevoir un adversaire de la marocanité de nos provinces sahariennes, de permettre à un islamiste turc d’insulter le Maroc en critiquant ses choix diplomatiques… et bien d’autres offenses à l’encontre des intérêts supérieurs de la Nation attestent de la fidélité du PJD davantage à l’agenda frériste qu’aux fondamentaux de la Patrie.

En cela, bien qu’il ait été déserté par nombre de ses cadres historiques, de la dimension de Mustapha Ramid ou Saâd Eddine El Othmani, le PJD, tel que piloté par Benkirane, semble n’avoir rien appris de son passage au pouvoir. Incorrigible, il l’a été et il l’est resté. Pourtant, les rappels à l’ordre n’ont pas manqué.

Il y a un peu plus de deux ans, précisément le 13 mars 2023, un communiqué du Cabinet royal rappelait aux responsables du PJD les lignes rouges qu’ils ne cessent d’outrepasser, tout en dénonçant «des dépassements irresponsables et des approximations dangereuses, concernant les relations entre le Royaume du Maroc et l’État d’Israël, en lien avec les derniers développements dans les territoires palestiniens occupés».

«Rien à cirer. Cause palestinienne ou pas, seule compte la manipulation électorale de nos troupes !», semblent répondre Benkirane et ses acolytes. En 2025, même credo, mêmes rodomontades ! Même lamentable incursion dans la politique extérieure du Royaume, même instrumentalisation de la tragédie de Gaza pour des raisons bassement politiciennes !

Donc un mépris frontal du contenu du communiqué du Cabinet royal du 13 mars 2023 qui rappelait que «la politique extérieure du Royaume est une prérogative de Sa Majesté le Roi, que Dieu l’assiste, en vertu de la Constitution, que le Souverain exerce conformément aux constantes nationales et aux intérêts suprêmes de la patrie, et à leur tête la question de l’intégrité territoriale».

Non sans souligner le fait que «les relations internationales du Royaume ne peuvent être l’objet de chantage de la part de quiconque et pour quelque considération que ce soit, particulièrement dans ce contexte mondial complexe. L’instrumentalisation de la politique extérieure du Royaume dans un agenda partisan interne constitue ainsi un précédent dangereux et inacceptable».

En vérité, jamais la scène politique nationale n’a connu un profil aussi toxique que celui du sieur Benkirane. À une insolence identique à celle dont ne se prévaudraient que les chefs de gangs, le dorénavant ventru patron du PJD adjoint un culot à toute épreuve. Il sait tout sur tout, partout et tout le temps !

Comme il était si joyeux face à son alter ego Hamid Mahdaoui ! À culot culot et demi ! À «mes frères marocains» de Mahdaoui répondait en écho l’inconsolable «du temps où j’étais chef du gouvernement…». Le Maroc ne peut plus tolérer le décalage abyssal entre sa «monarchie à grande vitesse» – osons l’acronyme MGV ! – et des créatures qui semblent créées pour ralentir le cours de l’Histoire.

C’est bien du côté de notre monarchie progressiste que se trouve le vecteur de cette Histoire. Du côté de l’islamisme hypocrite, seule triomphe cette espèce de trypanosomose politique, une «maladie du sommeil» civilisationnel particulièrement redoutable !

Quand ces appendices si nuisibles dégageront-ils de l’horizon national, permettant enfin aux Marocains d’épouser au plus vite leur destin de peuple béni au sein d’une nation pétrie de tolérance ?