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Chronique

La bonne foi ou le degré zéro de l’intelligence ?

Nier les grosses lacunes au registre de la santé et de l’éducation serait intellectuellement malhonnête. Prétendre que rien n’a été fait l’est tout autant.

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Les casses et les actes de vandalisme commis à Inezgane, Oujda, Salé, Tiznit, Laqliâa, Aït Aâmira et dans d’autres villes et localités ne sont pas dignes du Maroc.

La Constitution garantit la liberté de manifester, mais cette liberté, comme toutes les autres et partout dans toute sphère démocratique, est encadrée par des garde-fous dont la déclaration auprès des autorités et l’identification des initiateurs constituent le b-a-ba.

De plus, la manifestation de la jeunesse survient alors que le Royaume a rendez-vous avec trois échéances majeures : l’imminente session du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Sahara marocain, qui coïncide avec le cinquantième anniversaire de l’irruption de ce conflit artificiel, la CAN, puis les législatives de 2026. Comment croire dès lors à la spontanéité des troubles ?

Au milieu de tout ce brouhaha, peut-on encore réfléchir calmement à la genèse comme à l’exégèse du phénomène ? Quel rapport existe-t-il entre la GEN Z marocaine et ses homonymes de l’Asie du Sud (Sri Lanka, Bangladesh, Népal, etc.) ? Quelle alchimie sociopolitique a-t-elle présidé à la survenance du phénomène ?

Existe-t-il une stratégie de nuisance intentionnellement élaborée par une ou plusieurs puissances étrangères ou des lobbies derrière ce qui s’apparente à une révolte sans têtes d’affiche et sans adresse connue ? Qui a poussé les casseurs à noyauter le mouvement dès le soir du premier jour ? À qui profite toute cette «siba» en définitive ?

Il semble évident que les meneurs de ce mouvement se sont directement inspirés de leurs semblables asiatiques, même si la calamiteuse série de drames de l’Hôpital d’Agadir en fut l’alibi. Les «zoomers» hyperconnectés marocains sont tombés clavier et souris liés dans le benchmarking vis-à-vis de leurs homonymes asiatiques.

Et pour cause : En trois ans, trois gouvernements d’Asie du Sud ont chuté sous l’assaut de la rue, avec une accélération spectaculaire des événements. En parcourant Facebook il y a trois jours, je suis tombé sur ce texte écrit en arabe. Je traduis : «Tu dois espérer la victoire en Coupe d’Afrique de n’importe quelle autre sélection, à l’exception de ton pays, le Maroc.

Si le Maroc gagne la Coupe d’Afrique des nations, 1) l’immunité dont jouit Lakjaa serait confortée ; 2) Il ne te serait plus possible de critiquer Lakjaa parce qu’il aurait ramené la Coupe d’Afrique ; 3) Les béni-oui-oui seraient réconfortés et auraient beaucoup d’arguments en leur faveur ; 4) En tant que citoyen libre désirant parler des droits, tu serais traité de traître et les béni-oui-oui auraient une réponse unique: «À qui doit-on ces réalisations sinon à Lakjaa ?»Tu n’aurais plus alors d’autre issue que celle de te taire (…).

Voilà pourquoi j’espère,, de tout mon cœur, que les gagnants seraient dans l’ordre : Afrique du Sud, Algérie, Tunisie, Égypte».

Rendez-vous compte ? La traîtrise à ce point ? Il n’y a pas de doute, ce bazar pas très catholique a été fomenté par une ou plusieurs entités étrangères suffisamment puissantes et vicieuses !

Notre Conseil national des droits de l’homme ne s’y est pas trompé en identifiant des comptes sur les réseaux sociaux ayant des points communs : «Comptes récents, d’autres fermés, d’autres sans contenu et sans abonnements, alors que de nombreux comptes dont l’analyse des informations et des publications révèle leur origine étrangère». Cette dernière phrase est éloquente.

Aujourd’hui, le jeu s’éclaircit : On commence par attaquer, sur les réseaux sociaux et la presse, les institutions, puis les responsables des principales réussites nationales (Lakjaa, Terrab, Hammouchi, Yassine Mansouri, etc.).

Ensuite, on actionne un logiciel insurrectionnel testé ailleurs pour finaliser le processus de déstabilisation. Je m’attends, en effet, depuis longtemps, à un retour de manivelle face aux persistantes audaces marocaines.

En effet, l’investissement multidimensionnel de l’Afrique, le défi des grands ports marocains, l’Initiative Royale Atlantique, l’irruption du Royaume aux premiers rangs du football mondial – ce qui se traduit par un immense soft power –, la multiplication des partenariats, synonyme de résistance contre la vassalisation par les superpuissances, etc., tous ces éléments et bien d’autres encore attestent du fait que l’excellence marocaine agace les amis avant les ennemis.

Est-ce par hasard que les «pilotes» de ces protestations ont commencé curieusement par critiquer les grands projets structurants et la Coupe du monde, alors que ces projets offrent des dizaines de milliers d’emplois et constituent la fierté du pays ! Cherchez l’erreur ! Ce qui est visé, en vérité, c’est notre capacité à maîtriser notre propre destin.

On a ainsi vu se déployer un discours apparemment intelligible le jour, et le degré zéro de la citoyenneté la nuit.

Il y a, en effet, des carences sociales évidentes, en dépit de l’effort colossal consenti par l’actuel gouvernement. Mais ces carences ne sont tout de même pas aussi systémiques que celles du Bangladesh, du Népal ou du Sri Lanka ! Il y a là quelque chose de pas très catholique, vous dis-je.

En tout cas, ces troubles constituent une sorte de vaccin contre toute éventuelle tentative de pourrissement de la CAN et même de la Coupe du monde. D’ores et déjà, le Marocain lambda s’insurge contre l’anarchie et les troubles.

Nier les grosses lacunes au registre de la santé et de l’éducation serait intellectuellement malhonnête. Prétendre que rien n’a été fait l’est tout autant. Je persiste néanmoins à affirmer que la bonne foi de nos jeunes a bien été piteusement trompée par des forces agacées par les réussites marocaines. Seigneur, préserve-nous des entourloupes de nos ennemis et, surtout, de celles de nos amis !