Chronique
Encourageons cette «Maison-Maroc» si bien tenue !
Je reviens à Paris de mon plus long séjour au Maroc jamais effectué depuis plus de quarante ans de vie en France. Cette immersion dans la réalité marocaine m’a édifié sur une foultitude d’aspects que je ne pouvais percevoir depuis mon vécu parisien.
J’ai vu un Royaume transformé en un vaste chantier à ciel ouvert. Une urbanisation vertigineuse et un chapelet de grands projets structurants qui ont foncièrement transformé la physionomie d’une vieille nation longtemps terrée dans une espèce de «mektoub du fond des âges».
Le binational maroco-français que je suis appartient à une génération qui a vécu sous le monarchique magistère de trois rois, tout en étant témoin de la magistrature suprême d’une dizaine de présidents français – pour ce qui concerne ma modeste personne, de Vincent Auriol à Emmanuel Macron. N’en déplaise aux entichés du pathos nihiliste, je peux donc affirmer sans la moindre hésitation que le Maroc n’a jamais connu une aussi rapide accélération de son rythme de développement depuis son indépendance. Et c’est précisément de cela et, accessoirement, de beaucoup d’autres excellentes vertus que les ténors de la finance internationale viennent de témoigner lors des assemblées générales du FMI et de la BM, récemment tenues – avec quelle maestria ! – à Marrakech.
D’ailleurs, aussi évident que la Terre tourne sur elle-même et autour du Soleil, le Maroc a additionné, durant les toutes dernières années, une somme de succès remarquables à plus d’un titre. Sur le plan diplomatique, les adhésions autour de l’intégrité territoriale de la nation, tant aux registres bilatéral et multilatéral qu’au niveau onusien, ne se comptent plus. Sur le plan économique, les performances sont universellement saluées, notamment cette remarquable résilience marocaine face aux redoutables défis nés du Covid-19, de la guerre russo-ukrainienne, du réchauffement climatique et du terrible séisme d’Al Haouz. Qui plus est avec le souci d’une imparable rigueur financière, comme l’atteste le Prix de Global Finance reçu par Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, en marge des dernières assemblées générales de la BM et du FMI.
Sur le plan sécuritaire, la «Maison-Maroc» est tenue de main de fer et cela n’a jamais échappé aux chancelleries du monde entier qui sollicitent de plus en plus l’expertise marocaine en matière de lutte contre le terrorisme, la grande criminalité et les trafics en tous genres. Sur le plan politique, la «normalité démocratique» est définitivement installée dans les esprits comme dans les mœurs ; le Roi veille sur les équilibres fondamentaux et arbitre, le gouvernement gouverne et le Parlement légifère tout en contrôlant l’action de l’Exécutif.
Sur le plan social, le parachèvement de ce qu’on n’a pas hésité à appeler «l’État social» est en cours tant sur le front de la lutte contre la pauvreté que sur celui de la «santé pour tous». Au chapitre de l’égalité entre la femme et l’homme, les forces vives du pays viennent d’être responsabilisées quant au chantier de la refonte de la Moudawana, afin que l’esprit des dispositions de l’article 19 de la Constitution rejoigne la réalité tangible de la famille marocaine. Comme une société ne peut se passer du développement humain parallèlement à son progrès économique, les champs culturel et sportif ont connu une floraison sans pareil dans notre région, voire dans l’ensemble du continent.
En deux décennies, le nombre de festivals, toutes expressions artistiques confondues, a été multiplié par 40, la production éditoriale et livresque l’a été par 30, le paysage audiovisuel et le cinéma ont connu un envol fulgurant, tandis que la création plastique a atteint, en qualité et en quantité, un niveau étourdissant. À cette impressionnante vitalité culturelle s’est adjointe l’émergence du génie sportif marocain comme l’attestent les derniers exploits footballistiques continentaux et mondiaux du Royaume.
Élargissement de la constitutionnalité du régime monarchique, intégration tous azimuts de la démocratie transversale, dynamisation parlementaire, dûment confortée par une «normalité démocratique» irréversible, et action sociale volontariste dominée par la protection et l’épanouissement des citoyens… là réside le parachèvement, jalon après jalon, de l’architecture novatrice de la «Monarchie constitutionnelle, démocratique, parlementaire et sociale», telle que la décline la Constitution de 2011. Il n’est pas vain de remarquer, à cet effet, la symbolique inédite de la présence au premier rang du Parlement marocain des patrons du FMI et de la BM lors du discours royal d’ouverture de la session automnale.
Comme pour prendre ces derniers à témoin, le Souverain a exhaustivement décliné les fondamentaux de la «Monarchie constitutionnelle, démocratique, parlementaire et sociale» marocaine et ses valeurs cardinales, non sans rappeler les urgences que sont la reconstruction d’Al Haouz, l’aboutissement du «package» sociomédical et la réforme de la Moudawana. Enfin, il y a lieu de saluer la symbiose entre le Roi et le peuple au sujet des évènements meurtriers de Gaza. Sans revenir sur la pacification de ses relations avec Israël, le Maroc a dénoncé la violence «d’où qu’elle soit» et permis au peuple de manifester massivement pour dénoncer la barbarie des forces d’occupation.
Dans un monde où les hommages à la réussite sont concédés avec une parcimonie propre à démotiver les plus enthousiastes, le courage intellectuel consiste aujourd’hui, pour moi, à déployer en hommage la même énergie que j’ai pris l’habitude d’investir dans la critique.
Aussi persisterais-je et signerais-je : «Encourageons cette Maison-Maroc si bien tenue !»
