Chronique
Des guerres décomplexées
La « guerre décomplexée » remplace la guerre conventionnelle que nous connaissions. Elle annonce une nouvelle ère de conflits armés où la violence extrême et les crimes de guerre sont ouvertement revendiqués sans crainte de sanctions internationales.
Comment négocier avec des mollahs kamikazes ? Avec un régime qui n’a cure de faire tuer ses propres concitoyens, après l’avoir fait lui-même et qui finit par leur imposer de servir de boucliers humains en leur «demandant» de manifester en nombre dans les endroits que l’ennemi risque et veut bombarder.
Et comment arrêter les crimes commis par un État qui justifie le trop de pertes civiles par l’obligation d’atteinte d’une cible ? S’il y a un membre du Hezbollah dans un immeuble, on bombarde tous les étages. Et on abat tout le quartier, quitte à décimer toute la population !
Cette doctrine de «guerre décomplexée» a été résumée par l’ancienne Première ministre d’Israël, Golda Meier (1969-1974), qui disait déjà: «Je préfère vos condamnations à vos condoléances».
Pour elle, la préservation d’une majorité juive était la condition sine qua non de la survie de l’État d’Israël. Meier est allée jusqu’à admettre ne pas pouvoir dormir la nuit en pensant au nombre de bébés arabes qui naissaient dans la région par rapport aux bébés juifs.
Des guerres sans objectifs ?
Après Gaza, Israël n’attendait qu’une autre «excuse» pour bombarder le Liban. Après tout, tuer des Palestiniens, des Arabes et des musulmans fait baisser la «menace démographique» qu’il craint. Une autre guerre des populations que le pays menait depuis toujours. Au moins, l’objectif d’Israël est clair pour ceux qui lisent entre les lignes et qui reviennent à l’Histoire.
Par contre, l’objectif est moins clair pour les États-Unis d’Amérique, dont le président Trump s’est laissé embourber par son «allié» dans une guerre qu’il croyait brève, tout comme Poutine en Ukraine.
Mais qui s’éternise et risque de lui faire perdre jusqu’à sa popularité acquise auprès de sa base électorale MAGA (Make America Great Again).
Même si les Américains disent qu’ils ne ciblent que des installations militaires, leur doctrine est la même: une «guerre décomplexée» qui ne se soucie pas des dommages collatéraux en bombardant les populations civiles, soi-disant pour les libérer de la dictature, dit celui qui réclamait le prix Nobel de la paix, en déclarant «faire la guerre pour avoir la paix».
Après l’humanisme, c’est la logique qui est assassinée, à bout portant.
Mort du multilatéralisme
Un travail minutieux. La Russie a blessé le multilatéralisme, les États-Unis d’Amérique tentent de l’achever en décrédibilisant l’Organisation des Nations unies (ONU), l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), l’Organisation mondiale du commerce (OMC)…
Il fallait préparer le terrain et n’avoir de comptes à rendre à aucune organisation multilatérale. Pour devenir, ainsi, le maître du Monde, unilatéralement.
L’OMC bloquée notamment par le refus américain de nommer des arbitres à l’organe d’appel ; l’ONU paralysée par l’usage fréquent du veto ; retrait américain de l’Unesco et du Conseil des droits de l’Homme…, une liste loin d’être exhaustive.
Et nous assistons, impuissants, à la volonté d’hégémonie affichée par un pays qui confond force et puissance.
Et nous ne voulons pas tomber en sympathie, a contrario, avec des gouvernements et des régimes, certes attaqués, mais qui sont d’abord des dictatures, qui ne se soucient pas du sort de leurs citoyens.
Que Dieu nous préserve. La Culture est la Solution.
