Chronique
«Citius, Altius, Fortius»
Pour l’image du pays, si le sport est une locomotive, le foot est une fusée qui embarque tout le monde, quel que soit le résultat. «L’important, c’est de participer», disait Pierre de Coubertin. Alors, participons.
Plus vite, plus haut, plus fort, «Citius, Altius, Fortius» est la devise créée par Coubertin pour les Jeux olympiques. Il la résumait en affirmant que «l’important dans la vie, ce n’est point le triomphe, mais le combat.
L’essentiel n’est pas d’avoir vaincu, mais de s’être bien battu». Les Marocains ont pleinement participé à la réussite de cette dernière Coupe d’Afrique des nations de football : organisation parfaite, pelouses impeccables, communication réussie… Tout cela accompagné ou/et précédé par les infrastructures qu’il faut (aéroports, stades, routes, hôtels…).
Les polémiques, grandes ou petites, font partie de la mauvaise foi qui accompagne les grandes rencontres sportives. C’est presque de bonne guerre.
Que voulons-nous vraiment ?
Mais, car il restera toujours un «mais», au moins. Cette capacité organisationnelle que le Maroc a démontrée lui ôte toute excuse de ne pas pouvoir réussir ailleurs et durablement. Car il a été montré que dans ce pays, quand on veut, on peut.
La volonté politique serait à l’origine de tout. Le scoop ! Alors, que veulent nos politiques ? Parce que nous, citoyens, nous savons ce que nous voulons tous : tout réussir et que ça dure. «Soyons réalistes, demandons l’impossible», maintenant que nous savons que rien ne l’est vraiment quand la volonté politique est là.
Pour tout réussir durablement, il faudrait revenir au structurel : la Culture. Car elle reste la solution pour ancrer l’état d’esprit qu’il faut pour maintenir le progrès dans la durée.
Tout comme les stades, nous avons commencé par construire de grands théâtres. À présent, il faut qu’ils fonctionnent convenablement pour atteindre le plus grand nombre. Même si la logique de l’action culturelle est d’abord intrinsèque, car elle s’adresse d‘abord et presque exclusivement aux Marocains, ce qu’elle fait à l’intérieur pourrait finir par se voir aussi à l’extérieur.
Sport et culture, outils complémentaires
L’intérêt de la culture est double. Bien conçue et faite, elle est un outil intrinsèque d’émancipation des citoyens et de soft power à l’extérieur. Si la volonté politique montre sa préférence, pour l’instant, pour la «brillance sportive», elle a tort de croire que la culture est incapable de faire briller le pays également.
À moins, diraient d’aucuns, qu’on ait peur d’éveiller le citoyen par la culture et que l’on préfère le divertir par le jeu. Cette logique est un peu vieillotte, car le citoyen n’attend plus la culture de l’État.
La majorité a déjà ses réseaux sociaux qui la réconfortent dans la médiocrité. Et une minorité est dans une posture de survie en attendant des décideurs la volonté de définir de véritables politiques culturelles viables pour les professionnels et utiles pour tous les citoyens.
Pourquoi ne pas travailler à l’échéance de la Coupe du Monde 2030 aussi par la culture ? Et montrer que le Maroc gagne non seulement au foot, mais également en production de sens et de rêves. Ne serait-ce que pour ne pas mettre tous les œufs dans le même panier. Et ce que ne ferait pas le sport pourrait peut-être être accompli par la culture.
Côté culture, le pays a déjà prouvé qu’il savait organiser les grands événements culturels aussi. Nos festivals de musique sont des succès populaires (Mawazine, L’Boulevard, Gnaoua, Jazzablanca…).
Ceux du cinéma sont également bien organisés. Maintenant, essayons de rentabiliser nos théâtres, comme nous avons réussi à rentabiliser nos stades. La Culture est la Solution.