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Chronique

Après le coma de l’UMA, voici l’UMI !

L’UMA ayant été mise dans un état profondément comateux par une Algérie plus que jamais perdue dans son affligeant non-destin, voici qu’on nous annonce à Tunis la future création de l’Union du Maghreb Inutile (UMI) ! Ayant mis à terre la démocratie, l’économie et les finances de son propre pays, Kaïs Saïed, le petit vassal des soudards d’Alger, était tout indiqué pour la sale besogne consistant à enterrer ad vitam aeternam l’UMA.

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À vrai dire, on voyait venir depuis deux ans la farce de l’union d’un Maghreb sans le Maroc. Que de stratagèmes vaseux concoctés dans le sens de l’isolement d’un Maroc industrieux et diplomatiquement triomphant ! Cela avait commencé le vendredi 26 août 2022, à la veille du huitième Sommet de la TICAD (Forum de coopération Japon-Afrique tenu les 27 et 28 août 2022 en Tunisie). Ce vendredi-là, en fin d’après-midi, moyennant un chèque de 300.000 euros, le cancre en économie et avorteur de la jeune démocratie tunisienne reçut en grande pompe, avec tous les honneurs officiels, le mercenaire-en-chef des bandes polisariennes. Un acte grave et inédit de la part d’un pays qui a toujours bénéficié de la solidarité et même du soutien militaire marocain, comme ce fut le cas lors de l’attaque des commandos armés et financés par Kadhafi et Boumediene avant d’être lancés à l’assaut de la ville de Gafsa le 27 janvier 1980 à 2 heures du matin.
Après avoir vassalisé la Tunisie de Saïed, la camarilla d’Alger s’est époumonée à faire de même en direction de la Mauritanie. Malheureusement pour eux, les soudards d’Alger ont trouvé face à leurs entourloupes une Mauritanie pleinement consciente non seulement de son rôle d’interface stratégique entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne, mais également de ses nouvelles responsabilités de nouveau coproducteur gazier solidaire avec le Sénégal. Ancien chef d’état-major de l’armée et ex-patron de la Sûreté nationale, le président Mohammed Ould Ghazouani a fait montre d’une résistance remarquable face aux pressions algériennes. Ni les menaces à peine voilées – l’accident de son convoi officiel à la sortie de Tindouf reste à ce jour pour le moins énigmatique – ni les aguichages de toutes natures n’ont réussi à gagner le président mauritanien aux turpitudes diplomatiques algériennes. Issu de l’influente tribu des Ideiboussat, Mohammed Ould Ghazouani est imbu des valeurs soufies. Il est le digne petit-fils d’un érudit fondateur de la confrérie des Ghouzhf. Ses nobles origines lui donnent droit au qualificatif de «sage marabout». Et c’est bel et bien là que le bât blesse pour l’Algérie des troufions indûment galonnés !
En effet, l’axe Rabat-Nouakchott-Dakar (voir ma chronique sur les relations entre le Maroc et le Sénégal, parue dans le numéro 5230 de «La Vie éco» du 19 avril 2024) s’est révélé particulièrement infranchissable pour Alger et ses sbires polisariens. Face à cet axe solidement bâti sur une vision vertueuse de l’Afrique émergente, qui plus est à l’heure où l’Union africaine est présidée par la Mauritanie, l’Algérie tente d’opposer une «alliance» régionale de bras cassés qu’elle a initiée en marge d’un sommet sur le gaz tenu début mars à Alger ! Dépourvu des principaux instruments de souveraineté, le pauvre président du conseil libyen qui porte si bien son nom – al-Menfi signifie «l’exilé» – semble avoir été embarqué «à l’insu de son plein gré» dans cette hasardeuse aventure. Je ne serais pas étonné d’apprendre un jour qu’il eût à s’en expliquer a priori ou a posteriori auprès des Marocains qui l’ont si souvent soutenu face aux diktats d’Alger. Le président Tebboune a beau prétendre que «ce bloc n’est dirigé contre aucun autre État» et que «la porte est ouverte aux pays de la région (…) et à nos voisins de l’Ouest», aucune chancellerie d’Orient ou d’Occident n’est prête à croire mot de ses balivernes. Quand on connaît les mœurs mafieuses qui prévalent au sein de l’état-major d’Alger, la priorité des priorités restera pour lui celle de sauver sa peau, au sens propre comme au sens figuré, avant ou peut-être même après l’échéance présidentielle de décembre prochain.
En vérité, toutes ces gamineries sans lendemain relèvent d’un baroud d’honneur opposé à un Royaume qui ne se démarque pas d’un iota de sa vision stratégique où le dynamisme socioéconomique s’est ligué à une doctrine diplomatique de haute volée. À l’heure où la France revient à des sentiments plus amènes à l’égard de la légitimité du parachèvement de l’intégrité territoriale marocaine, où le Maroc aligne les réussites sportives – la dernière étant la Coupe d’Afrique des Nations de futsal – et s’apprête à organiser les plus prestigieuses coupes continentale et mondiale, avec les fabuleuses retombées économiques qui en découleront, la rage du pouvoir militaire d’Alger augmentera crescendo. D’autres pétards mouillés seront sûrement lancés par ce pouvoir sans idées. Hélas pour ce dernier, il ne tardera plus longtemps le jour où, à l’ONU, au sein de l’UE et, conséquemment, au sein de l’UA, le droit du Maroc à sa souveraineté pleine et entière sur ses provinces sahariennes sera enfin, définitivement, universellement, reconnu. Ce jour-là, l’Algérie des généraux-midinettes devra trouver un autre alibi que celui de l’«autodétermination du peuple sahraoui» pour continuer à externaliser ses conflits internes et renvoyer aux calendes grecques son remembrement ethnoculturel et institutionnel tant désiré par le peuple frère voisin. Ce jour-là, le Royaume aura dûment parachevé son émergence pour rejoindre le club des nations prospères et irrévocablement acquis aux mœurs démocratiques.
Puisse le peuple algérien frère rétablir alors sa dignité au sein d’un pays enfin apaisé, résolument armé de volonté et définitivement tourné vers la construction d’une nation homogène et moderne !