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Chronique

40 millions de «Lions de l’Atlas» !

La force du «Lion de l’Atlas» provient donc de sa profonde appartenance à ce territoire béni qui a vu se conjuguer les génies amazigh, africain, saharien, méditerranéen, arabe, judaïque, andalou… pour former une nation tolérante et audacieuse.

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De plus en plus, je crois la métaphore «Lions de l’Atlas» applicable à l’ensemble des Marocains. Outre le «Onze» footballistique national qui a offert au monde l’une des faces les plus lumineuses du Mondial 2026, l’ensemble du pays est en plein branle-bas de combat.

Les succès diplomatiques se succèdent, au même rythme que les annonces d’investissements colossaux dans les secteurs de pointe.

À la même cadence que les projets structurants. Pendant ce temps, les partis politiques sont d’ores et déjà entrés dans une campagne électorale qui ne craint ni la chaleur infernale ni les confrontations musclées.

Parallèlement, les festivals d’été et les concerts de plages continuent à happer des centaines de milliers de spectateurs. Bref, un peuple dynamique, industrieux, exerçant vivement mais sereinement sa démocratie, exprimant spectaculairement sa joie des exploits de son équipe nationale.

Notre monarchie, elle, vit l’une de ses ères les plus flamboyantes, où la Révolution du Roi et du Peuple se conjugue chaque jour au présent.

En vérité, nous sommes les serviteurs d’un imaginaire seigneurial omnipotent. L’individu ne s’en détache pas sans grands dégâts.

Au plus profond de l’imaginaire du Marocain trône – c’est le cas de le dire – une tente caïdale au sein de laquelle se dresse un trône.

Il suffit d’assister à un mariage, y compris dans les quartiers populaires, pour constater ce déploiement époustouflant des attributs «monarchiques» qui transcendent le statut social des mariés.

Chevaux, rangées de musiciens à l’entrée, trônes d’apparat, couronnes et tenues somptueuses de la mariée, serveurs en tenue, les flashs des photographes et vidéastes, etc.

Les mariages marocains figurent parmi les plus bluffants du monde, en effet. C’est édifiant quant à la forte attractivité des signes «monarchiques» qui siège au fin fond du mental collectif.

Voilà pourquoi j’ai toujours refusé de traiter le rapport du Marocain à la monarchie autrement que par le biais anthropologique.

Dire que la monarchie est au Marocain ce que la République régicide est au Français ne suffit pas à rendre l’osmose entre notre peuple et ses souverains. Même sous une république – qu’à Dieu ne plaise ! –, le Marocain voudra toujours être gouverné «monarchiquement» !

C’est malheureusement la complexité de cette fusion organique entre Peuple et Trône qu’on peine à comprendre à l’étranger.

Il aura fallu, par exemple, un mandat et demi à l’actuel président français pour finir par en saisir l’ampleur et la profondeur.

On se rappellera son ridicule message – «par-dessus la tête» de notre Souverain ! – au peuple marocain au lendemain du séisme d’Al-Haouz. Même ceux que la géographie a collés à notre droite n’y ont jamais «pigé que dalle».

Ils aboient jour et nuit «Makhzen par-ci ! Makhzen par-là !», mais comprendront-ils un jour que notre Royaume ne vaut précisément que par son Makhzen, son glorieux État profond ? Comprendront-ils que ce Makhzen, cet État profond, s’impose aux Souverains eux-mêmes, prévenant ainsi des humeurs mal inspirées ou des décisions hâtives ?

Ils ne comprendront donc jamais rien à la plus vieille «monarchie dynamique» du monde, celle du Japon n’étant pas «dynamique», mais «hautement symbolique».

Le «Lion de l’Atlas» n’est pas seulement une métaphore basée sur la singularité d’un fauve plus grand que ses congénères, puisqu’il pouvait mesurer jusqu’à 3 mètres de long et peser jusqu’à 270 kg.

Il est le signe emblématique du Marocain jaloux de son indépendance, digne et vaillant. Tellement emblématique qu’il s’est imposé de toute évidence lors de la conception des armoiries du Royaume le 14 août 1957 (dix-sept mois après l’indépendance du 2 mars 1956), la veille du jour où le Sultan Sidi Mohammed ben Youssef devient officiellement le premier

Roi du Maroc, sous le nom de Mohammed V. Ainsi, sur ces armoiries, deux lions entourent le Trône ayant pour socle le verset coranique «Si vous glorifiez Allah, Il vous accordera la victoire». Il se trouve fort justement que le Royaume n’a jamais cessé de glorifier Dieu.

Dans sa Constitution, par sa devise, sur ses armoiries, dans la formalisation du pacte de la Bey’a, Allah est omniprésent et il est admis au Maroc que la force n’émane que de son soutien.

La force du «Lion de l’Atlas» provient donc de sa profonde appartenance à ce territoire béni qui a vu se conjuguer les génies amazigh, africain, saharien, méditerranéen, arabe, judaïque, andalou… pour former une nation tolérante et audacieuse.

Une nation où la tolérance est audacieuse au sein d’un monde de plus en plus intolérant, et où l’audace elle-même est tolérante dans un océan de lâchetés et d’égotisme.

Le spectacle qu’offrent les «Lions de l’Atlas» en Amérique est admirable non seulement par la qualité des prestations accomplies, y compris au détriment d’équipes prestigieuses, mais également par leur comportement urbain et extrêmement touchant vis-à-vis du coach, du public, de leurs parents et de leur Souverain.

Le public marocain s’est également illustré par un comportement qui a agréablement étonné par son respect des adversaires et sa discipline autant dans les tribunes que le long des artères des villes américaines et mexicaines. Même s’ils n’atteignent pas la finale, les «Lions de l’Atlas» auront d’ores et déjà marqué de leur empreinte ce Mondial 2026.

Voici donc un Maroc qui compte non pas des dizaines, mais bel et bien des millions de «Lions de l’Atlas» qui offrent au monde l’image d’une nation digne et, par conséquent, digne de confiance. Le monde peut, en effet, faire confiance les yeux fermés à un État qui tient parole, défend son territoire et ses citoyens mieux que ne le font certaines grandes puissances.

En ces jours de gloire pour les 40 millions de «Lions de l’Atlas» où le football, la démocratie, l’économie et le social marocains s’épanouissent allègrement, rappelons-nous que rien de tout cela n’aurait été possible sans la Vision d’un grand monarque. Allah, Al Watan,
Al Malik !