Chronique
1, 2 ,3… Soleil
«Ne passons pas à côté des choses simples», dit un slogan publicitaire. Notre soleil est une denrée tellement rare pour d’autres que nous devrions le monétiser pour valoriser davantage l’attrait touristique de notre pays.
La meilleure façon de se rendre compte de quelque chose de précieux, que nous possédons, est de la perdre, dans le meilleur des cas momentanément. C’est ce qui m’est arrivé au retour d’un court voyage dans un pays nordique.
Cette chose précieuse est tellement naturelle que j’ai tellement intériorisé sa présence au point de ne plus m’en rendre compte, c’est le soleil. Cette sensation est comparable à celle de la respiration, quand elle se fait de manière naturelle et par réflexe, elle est bonne. Mais à partir du moment où l’on s’en rend compte, l’on respire mal.
Le soleil en boîte se paie
Me revenait le souvenir qu’en cherchant dans une parapharmacie de ce pays nordique, j’ai eu du mal à trouver un complément alimentaire, que je cherchais, à base de magnésium. Par contre, de nombreuses rangées dans les rayons «vitamines» étaient remplies de compléments alimentaires à base de vitamine D, que l’on ne trouve pas par chez nous.
Après des recherches sur Internet, l’explication était toute trouvée. La vitamine D, précisément D3, est la seule que le corps humain peut fabriquer grâce à l’exposition au soleil.
Donc, dans les pays qui manquent de soleil, il faut s’administrer artificiellement cette vitamine que l’on ne peut fabriquer avec son corps. Des suppléments de vitamine D3 peuvent être nécessaires pour remplacer sa production naturelle.
La bonne nouvelle est que pour nous, la juste dose s’obtient en sortant, tout simplement, de chez soi pour prendre la lumière du soleil. Cela n’a pas de prix pour nous, c’est gratuit.
Pour ne rien vous cacher et ne pas nourrir davantage le mystère, le pays en question est la Norvège. Un pays où le soleil se fait très rare. En ce moment, il fait nuit dès 3 heures de l’après-midi. D’ailleurs, les riches norvégiens s’achètent des résidences secondaires pour passer les mois d’hiver dans l’hémisphère Sud de notre planète, pour retrouver le soleil qui leur manque dans leurs contrées.
Ils vont en extrême Sud, là où les saisons sont inversées. Et on entend parler norvégien dans beaucoup de restaurants de Cape Town, en Afrique du Sud. Ils font ça parce qu’ils ont besoin de soleil et parce qu’ils ont les moyens de le faire.
La valeur du soleil marocain
Et le Maroc dans tout ça ? Que faisons-nous de notre soleil ? Les touristes ne viennent-ils pas chercher notre soleil, à nous. Un slogan publicitaire devenu une expression française disait «En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées».
En le reprenant, l’ancien président français, Valéry Giscard d’Estaing, l’a popularisé pour justifier l’idée de la remise en place de l’heure d’été après le premier choc pétrolier de 1973. En s’en amusant et sans vouloir être de mauvaise langue, nous pourrions dire que chez nous, «nous n’avons pas d’idées, mais nous avons le soleil».
Alors, allons-y, faisons payer ce soleil aux touristes. Puisque c’est ce soleil qu’ils viennent chercher. Il s’agit d’une de nos ressources naturelles que nous pourrions monétiser.
Appliquons donc la préférence nationale pour notre soleil. Après tout, c’est notre soleil à nous. Bien sûr que le soleil ne suffit pas, mais le reste n’est qu’une question de professionnalisme. La Culture est la Solution.
