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Bouliste

Le Bouliste 5G : Géopolitique des fruits et légumes/Imiter le rien/Payer l’influence

Marocain fictif, mais estampillé 7a9i9i… Il a eu plusieurs vies et revient sévir, en version mag. Tireur d’élite, mais gauche, il pointe tout ce qui lui plaît. Et passer pour un cochonnet ne lui fait même pas peur…

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Géopolitique des fruits et légumes
À quelque chose malheur est bon. La hausse des taxes douanières appliquées par quelques pays fait baisser les prix des fruits et légumes dans le marché marocain. À titre d’exemple, la Mauritanie a augmenté, dernièrement et subitement, ses taxes douanières de 171%. Il semblerait que le pays voisin veut encourager l’agriculture locale, défense de rire ! D’autres sources attribuent ce relèvement de taux à une réaction de la Mauritanie à la décision récente du Maroc d’imposer à 10 DH la tonne toute marchandise venant d’Afrique subsaharienne. D’autres encore attribuent cela à des différends politiques entre les deux pays. Le Bouliste est, pour une fois, très content que la concurrence profite au Marocain moyen pour manger 5 fruits et légumes par jour.

Imiter le rien
L’artiste américain Tom Miller accuse le peintre italien Salvatore Garau d’avoir plagié sa sculpture invisible «Nothing».

Un artiste reproche à un autre d’avoir plagié du vide. – Qu’est-ce que t’as fait ? Rien. – Mais, j’y ai pensé avant toi, donc, tu m’as copié ! Oui, mais c’est rien. – Je m’en fous, j’ai pensé à rien avant toi ? Tel serait le dialogue imaginaire entre les deux artistes. Au-delà du concept, le Bouliste pense que les Marocains, heureusement, n’étaient pas tombés sur ce concept d’art visuel, sinon il y aurait beaucoup plus de procès pour plagiat du vide.

Le concept du «walou» étant plus ancien que les œuvres de ces deux artistes.

Payer l’influence
Les inspecteurs de l’Office des changes ont commencé à s’intéresser aux influenceurs et producteurs de contenus marocains. L’Office ayant créé, depuis 2018, un service spécialisé dans la surveillance des opérations de change effectuées par les personnes physiques, notamment dans les activités génératrices de revenus à partir d’internet et des réseaux sociaux. L’Office a, en effet, observé des ouvertures de comptes à l’étranger, sans demande d’autorisation. Et des acquisitions immobilières, en plus des opérations financières non déclarées. Le Bouliste se met à rêver d’un coup de fil d’un inspecteur de l’Office des changes. Il va essayer, avant cela, de gagner quelques tournois lui permettant de laisser un peu d’argent à l’étranger.

Haut, bas, fragile
Le système informatique de la Direction générale des impôts révèle que le montant des fausses factures émises au Maroc, l’année dernière, s’élèverait à 30 milliards de dirhams. Ces fausses factures serviraient à baisser frauduleusement les bénéfices des sociétés. Le jeu est simple, en élevant, à partir de ces fausses factures, les charges d’exploitation, des sociétés enfreignent la loi en baissant «mécaniquement» leurs bénéfices imposables. Ce «jeu» concerne notamment les prélèvements de l’État en termes de TVA et d’impôts sur les sociétés. Le Bouliste pense à un mécanisme pour fausser le comptage des points gagnés pendant les tournois. Sauf que, contrairement aux fausses factures, les boules laissent toujours des traces dans la terre battue des terrains de pétanque.

Aides aux élus
La digitalisation des services publics ne fait pas que des heureux. La société de développement local (SDL) Casa Prestations a créé une plateforme internet qui permet d’inventorier les aides reçues par les associations socioculturelles et les clubs sportifs de Casablanca. Le résultat étant que ces associations ne peuvent pas recevoir des subventions des collectivités territoriales, quand leurs gestionnaires font partie des élus. C’est le cas des deux clubs phares de la ville. Le Raja étant dirigé par un parlementaire et président d’un arrondissement casablancais. Le WAC étant présidé, quant à lui, par le président du conseil préfectoral de Casablanca. C’est ballot !