Transformation numérique de l’administration : de grosses failles à combler, d’urgence !

Le projet de loi porte la signature du ministère chargé de la réforme de l’administration et de celui de l’industrie, du commerce et de l’économie numérique. C’est le futur référentiel de la transformation numérique de l’administration. Sa finalité est de lutter contre la bureaucratie et la corruption et de faciliter la création de plates-formes pour mutualiser les données des administrations.

Un projet de loi relatif à l’administration numérique vient d’être déposé au Secrétariat général du gouvernement (SGG) par le ministre délégué chargé de la réforme de l’administration, Mohamed Benabdelkader. Une fois voté et promulgué, ce texte transformera sans doute la relation entre l’administration et les citoyens. Mais on en n’est pas encore là. Selon le ministre, ses équipes ont travaillé conjointement avec celles du ministère de l’industrie, du commerce et de l’économie numérique pour l’élaboration de ce texte, considéré comme le «futur référentiel de la transformation numérique de l’administration».
Trois objectifs majeurs ont été assignés à ce projet de loi. «Outre l’efficacité et la simplification des procédures, ce projet de loi sera un moyen pratique pour lutter contre la bureaucratie et la corruption. Il permettra aussi de créer des plates-formes pour mutualiser les données des administrations. Lorsque ce texte entrera en vigueur, un citoyen ne sera pas obligé de soumettre la même attestation à deux administrations différentes», souligne le ministre.

La Cour des comptes a tiré la sonnette d’alarme

La spécificité de ce texte est «qu’il concerne tous les départements ministériels», dit M. Benabdelkader. Composé de 35 articles, il devra surtout suivre le circuit judiciaire qui impose le respect des procédures en vigueur, et le temps nécessaire que cela implique. Pour le ministre chargé de la réforme de l’administration, «il faut que ce projet de loi franchisse la porte du Parlement avant la fin de l’année, car il y a urgence».

Le 20 mai dernier, cet état de fait avait été appuyé par les conclusions du rapport de la Cour des comptes. Cette dernière a mis la lumière sur plusieurs failles de la stratégie Maroc Numérique, avec, en premier lieu, le leitmotiv de «l’immaturité de certains services publics en ligne». La Cour des comptes a en effet comparé le niveau de maturité de certains services à ce qui se fait en Europe. Résultat, la performance du Maroc est «mitigée». Pire, le rapport a relevé des défaillances de taille. Il s’agit de «l’insuffisance des services des événements de vie, le retard dans l’adoption d’un plan stratégique et d’un cadre efficace de gouvernance ainsi que le faible degré d’ouverture des données publiques». En d’autres termes, le nouveau projet de loi tombe à pic.