Le Mobile Money, puissant outil d’inclusion financière

Le Mobile Money peut réaliser de meilleures performances que la monétique. Le premier enjeu du Mobile Money reste l’adoption et l’usage possible à coup de campagnes marketing et communication.

L’opérateur de télécommunications Inwi et l’Agence de développement du digital (ADD) ont organisé jeudi 3 octobre le premier colloque du cycle de conférences «Digital Act by Inwi» avec la contribution du think thank «Digital Act». Cette première conférence a connu la participation d’intervenants marocains et internationaux qui ont débattu des enjeux et des opportunités du déploiement du Mobile Money au Maroc. Inwi, qui a été la première à lancer ses offres de Mobile Money le 3 septembre dernier, veut en faire un outil pour contribuer à l’inclusion financière. «Le Maroc connaît aujourd’hui l’arrivée de nouveaux acteurs dans les services transactionnels dématérialisés. Et ce, dans un contexte d’évolution du cadre légal et réglementaire. L’objectif de la conférence est justement de s’ériger comme une tribune de réflexion collective et participative afin de favoriser l’inclusion financière», a déclaré Ghassane El Machrafi, président de Inwi Money. Au moment où la monétique, malgré les hausses vertigineuses des transactions par TPE et paiement en ligne, reste largement dominée par des retraits en cash des GAB (ils représentent 90% du montant global de l’activité monétique à fin juin 2019), le Mobile Money espère créer une réelle révolution.

Le paiement mobile en compétition avec le cash

Le taux de bancarisation n’est que de 56% selon Bank Al-Maghrib. Par genre, 77% des hommes possèdent un compte auprès d’une banque, contre pas plus de 37% de femmes. Le taux de bancarisation dans le rural est de 24%. Le Mobile Money et le digital pourraient s’avérer des solutions idoines afin d’inciter les Marocains à utiliser plus de transactions dématérialisées. «Les banques n’ont pas besoin d’ouvrir des agences supplémentaires. Le taux d’utilisation des agences digitales est de 130% d’autant plus qu’elles permettent une mobilité et une inclusion géographique», déclare un des participants au panel. Par ailleurs, alors que le Mobile Money cartonne en Afrique, il n’a abouti au Maroc qu’à l’ouverture de seulement 360 000 wallets depuis son lancement un an auparavant. «En Afrique subsaharienne, un acteur télécoms a pu générer un revenu de 4 milliards de dirhams pour la seule activité de paiement mobile dans 17 pays. Nous sommes en compétition avec le cash qui coûte énormément à l’Etat en termes de process. Le premier enjeu demeure l’adoption et l’usage du Mobile Money», explique Yassine Sekkat, directeur associé de McKinsey Maroc. Afin d’atteindre l’adhésion populaire, il faut que les opérateurs télécoms et financiers investissent massivement dans le marketing et la communication. Pour Saloua Karkri Belkeziz, présidente de l’APEBI, l’inclusion financière à travers le digital représente une solution exemplaire pour la réflexion entamée sur le nouveau modèle économique censé réduire les disparités entre les Marocains.