L’accélération de la microfinance grâce au Mobile money

Le système de paiement mobile est appelé à jouer un rôle dans la diminution des coûts de la microfinance et de la micro-assurance. Mais la mission du Mobile money est de permettre l’accès à l’information et la création de nouveaux produits financiers innovants.

Inwi et l’Agence de développement digital ont organisé le deuxième colloque du cycle de conférences «Digital act by inwi» mardi 5 novembre. Et ce, sous le thème «Microfinance et assurance : les services avancés du Mobile money. La data au centre des enjeux». L’objectif est de sensibiliser l’écosystème de la micro-finance quant au rôle que peut jouer le Mobile Money dans l’inclusion financière. «En somme, 12 millions de Marocains sont écartés du système financier. Notre objectif était de sensibiliser au plus 3,2 millions de Marocains au micro-crédit. Dans une société où seulement un quart des jeunes sont formés, où le secteur informel représente 40% du PIB, le digital et le Mobile money peuvent contribuer à la baisse de l’exclusion financière», explique Amina Kchirid, professeure universitaire, directrice du CIRA ESS (Centre d’incubation et de recherche action en économie sociale et solidaire). Pour Tarik Fadli, DG de Algo, administrateur de l’Agence du développement digital (ADD), la block chain permettrait d’enclencher le processus du paiement digital. «Le fondement de la block chain permet d’éliminer le tiers de confiance, c’est-à-dire l’intermédiaire. Les coûts sont donc moins élevés via le dispositif de block chain», déclare-t-il.

Eduquer à l’utilisation du porte-monnaie électronique

«La microfinance et la micro-assurance pâtissent de coûts très élevés en effet, mais aussi de taux d’impayés importants. Les taux d’intérêt du micro-crédit sont estimés entre 20 et 30% car ces institutions supportent un coût d’acquisition de l’argent. Le coût du personnel qui réalise la sensibilisation et l’inclusion financière s’ajoute à ces nombreux frais», déclare Mme Kchirid. Le Mobile money déploie, pour sa part, un réseau de distribution grâce à la mutualisation. «Le système phygital (physique et digital) des opérateurs du Mobile money diminue les coûts globaux de la microfinance et facilite le recouvrement», déclare Nicolas Levi, CEO de Inwi Money. Au total, les opérateurs télécoms disposent de 125 000 points de distribution dont 5% peuvent être mutualisés pour faciliter l’accès des porteurs de portefeuilles électroniques à la micro-assurance et à la micro-finance. Mais la mission du Mobile money est de faciliter l’accès des populations à l’information et la création de produits financiers innovants. Pour Abdou Diop, directeur associé Mazars, la clé de succès du paiement mobile en Afrique subsaharienne était d’habituer les populations à utiliser les porte-monnaies électroniques. «Un travail sur la méthode de fonctionnement du porte-monnaie électronique doit être réalisé afin d’accélérer la promotion et l’utilisation. Mais la vraie problématique est d’éduquer le consommateur à la microfinance. Dans le porte monnaie électronique, le micro-crédit est approvisionné en tant que créance, alors qu’on assiste encore à des utilisations des contracteurs de micro-crédits des sommes obtenues dans l’alimentation et les dépenses de la vie quotidienne. Le paiement mobile aidera sûrement dans l’éducation à l’utilité de la microfinance et de la micro-assurance», résume la directrice du CIRA ESS.