Enseignement supérieur: les leviers proposés par le Conseil supérieur de l’éducation

Ne pas se priver de talents parce qu’à un moment de leur vie, ils n’étaient pas préparés à rentrer à tel ou tel institut. C’est de là qu’est partie la réflexion.

Le Conseil Supérieur de l’Education, de la Formation et de la Recherche Scientifique (CSEFRS) enchaîne les diagnostics des secteurs de l’enseignement. Après sa proposition de refondation du dispositif de la formation professionnelle, le Conseil a tenu une rencontre d’information, le 16 mai à Rabat, pour communiquer sur un nouveau projet de rapport, cette fois autour de « l’enseignement supérieur à l’horizon 2030 ».

Abdellatif Miraoui, président de la commission permanente de la recherche scientifique et technique et de l’innovation au CSEFRS, a présenté les motivations de ce chantier. « En plus de 50 ans, le système d’enseignement supérieur a fait ses preuves. Le paysage des ressources humaines au Maroc est composé à 95% de lauréats de l’université publique. Cette dernière a effectué un travail considérable, mais ce n’est pas pour autant que le système doit continuer tel qu’il est. Les défis à relever deviennent plus imposants », a-t-il expliqué.

M.Miraoui, président par ailleurs de l’université Cadi Ayyad de Marrakech, ajoute qu’il faut donner la possibilité aux jeunes à tout moment de leur vie, de se rattraper. « L’une des problématiques posées, surtout dans les systèmes francophones, c’est que l’avenir se fixe à 18 ans. Si un jeune a 17 ou 18 de moyenne en baccalauréat, il peut accéder à de grandes écoles ou aux classes préparatoires. Par contre, il y a des jeunes qui chauffent plus lentement, et qu’on aura condamné pour la vie. Je pense qu’à l’échelle d’un pays on ne peut pas se priver de talents parce que simplement, à un moment de leur vie, il n’étaient pas préparés à rentrer à tel ou tel institut », a-t-il déploré.

Un projet de rapport méticuleux 

Pour établir son postulat de départ, le Conseil s’est basé sur un rapport de l’Instance Nationale d’Évaluation, intitulé « l’Enseignement Supérieur au Maroc : efficacité, efficience et défis du système universitaire à accès ouvert ». Il articule son diagnostic sur plusieurs constats :

– Les établissements à accès ouvert accueillaient en 2014/2015 plus de 88% des étudiants de l’université, contre 12% pour ceux à accès régulé.

– L’enseignement universitaire reste fortement majoritaire au sein du système de l’enseignement supérieur marocain, avec un total d’effectifs de 78% en 2017.

– Les revenus provenant des subventions de recherche ne dépassent pas 10% dans le meilleur des cas.

– Au volet de la gouvernance stratégique, les fonds publics restent la principale ressource de l’université publique (entre 70% et 97%). Ceci impacte la capacité de l’université à développer ses ressources matérielles et son capitale humain, et par conséquent son autonomie.

– La déperdition dans le premier cycle du supérieur augmente. Le cycle de licence en accès ouvert enregistre depuis 2007/2008 une baisse continue du taux de diplomation en 3-4 ans. Ce taux a atteint son niveau le plus bas en 2012/2013 (19,1%).

– L’absence d’un plan numérique structurant pour l’enseignement supérieur.

De même, le Conseil estime que le développement du système de l’enseignement supérieur est encadré par des déterminants endogènes (évolution démographique, gouvernance du système, organisation pédagogique, loi 01.00) et exogènes (restructuration du modèle de développement socio-économique, opportunités d’employabilité et de promotion sociale, économie mondiale impactée par la révolution numérique, etc.).

S’inspirant de ces constats, le projet de rapport propose 7 leviers et 58 préconisations pour le développement du système d’enseignement supérieur. Ils sont liés à la cohérence du système d’enseignement supérieur, sa gouvernance, son financement, son offre de formation, à la recherche et l’innovation, à la vie estudiantine et au corps enseignant, à la gestion du parcours professionnel, à l’évaluation, ainsi qu’à la gestion du changement qui accompagnera la mise en oeuvre de ces mécanismes.

Leviers proposées par le CSEFRS 

1 – Renouvellement et cohérence du système :

2 – Gouvernance :

3 – Autonomie :

4 – Qualité de formation

5 – Recherche et innovation : 

6 – Environnement universitaire : 

 

7 – Accompagner la transition :