Un prêt du FMI ? Non merci

Le Maroc a décliné, préférant recourir au marché des capitaux.

C’était prévisible: l’état de la balance des paiements, déficitaire en 2008 et très certainement aussi cette année, obligera inévitablement le gouvernement à emprunter sur le marché international, ce que nous annoncions à la rentrée déjà. Le directeur du Trésor a confirmé récemment cette orientation, sans toutefois indiquer ni le montant de l’emprunt obligataire qui sera lancé en 2010 (certaines sources parlent de 500 millions d’euros), ni la date de sa réalisation.
Le FMI, dont une équipe se trouvait à Rabat, il y a quelques jours, avait d’ailleurs discrètement proposé au Maroc de lui apporter son concours, mais l’offre a été courtoisement repoussée ; le souvenir du PAS (plan d’ajustement structurel) du début des années 80 étant encore vivace.
Bien sûr, le Maroc n’a pas arrêté de mobiliser des fonds à l’extérieur, mais il le faisait principalement auprès des organismes multilatéraux (BAD, FADES, etc.), à des taux concessionnels, pour financer des réformes structurelles, des programmes d’investissements publics.
Alors, pourquoi un emprunt sur le marché des capitaux ? Evidemment, pour le financement de l’économie, mais aussi pour revenir sur le marché, «tester» la signature du Maroc, et, il faut bien le dire, rééquilibrer un petit peu la balance de la dette du Trésor trop fortement penchée du côté du marché domestique. Aujourd’hui, en effet, la dette intérieure du Trésor représente plus de 37% du PIB, alors que la dette extérieure du même Trésor n’en représente que 10%.
Jusque-là, le risque d’assécher le marché intérieur et donc de concurrencer les entreprises (le fameux effet d’éviction) ne s’est pas vraiment produit, mais cela pourrait arriver ne serait-ce qu’en raison du fait que, quoi qu’on dise, les obligations de l’Etat ne présentent aucun risque. C’est un confort pour lequel les banquiers ne sont pas insensibles.