Sale temps pour les bidouilleurs de bilan

Ce sont toujours les mêmes qui paient les impôts et il faut que cela cesse. Invité par la Chambre de commerce britannique le 26 février, Noureddine Bensouda, directeur général des Impôts, comme à son habitude, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Il a dit tout haut les quatre vérités d’un système qui fait que 80% des recettes de l’IGR viennent des retenues sur salaires et la même proportion de l’impôt sur les sociétés est payée par une minorité d’entreprises. Les Marocains ne paient pas leurs impôts mais plus pour longtemps, promet-il. Les bidouilleurs de bilan, les spécialistes du déficit constant devraient avoir du souci à se faire au cours des mois à venir, les équipes du fisc se penchant sur la question. Cela dit, le directeur des Impôts ne néglige pas, en amont, l’importance de la prévention et de la sensibilisation des citoyens au fait que payer ses impôts est un acte civique. Il appelle à une mobilisation de la société civile et des politiques pour lutter contre ce qu’il qualifie d’«analphabétisme fiscal».
Enfin, le directeur des Impôts n’a pas oublié de rappeler que s’il est vrai que l’on pourrait élargir l’assiette fiscale en s’attaquant au secteur informel, il est tout aussi vrai que l’on pourrait commencer d’abord par éliminer ces avantages fiscaux de toutes sortes accordés à certains secteurs et professions. La loi, rien que la loi, toute la loi, semble être le credo du directeur des Impôts. Noureddine Bensouda prône, ni plus ni moins, l’égalité de tous devant le fisc