Prix à  la pompe : Boutaleb rassure

réflexion entamée sur la structure des prix

Legouvernement assiste impuissant à la flambée du baril. Au même moment, le compteur de la compensation continue de tourner. Ce qui en pousse plus d’un à s’interroger sur une éventuelle hausse des prix à la pompe. Du côté du gouvernement, la réponse est catégorique : c’est non ! Du moins pour l’instant. Le ministre de l’Energie, Mohamed Boutaleb, contacté par La Vie éco, rappelle un fait pour nuancer les spéculations quant aux conséquences de la hausse de la facture énergétique. «Aujourd’hui, 95% de la facture est payée par les opérateurs et non pas par l’Etat».

Cela dit, les pouvoirs publics souffrent de l’augmentation de la facture de compensation. Selon les chiffres définitifs arrêtés par la caisse, la facture de 2005 s’élèvera à 10 milliards de DH. Pour 2006 ce sera certainement plus. Les arriérés dus aux pétroliers, eux, sont toujours au même niveau qu’il y a un mois, 3,3 milliards de DH environ. Et pour l’heure, comme l’indique une source à la Caisse de compensation, aucun versement n’est à l’ordre du jour. «Tout dépend des déblocages du ministère des Finances», est-il expliqué.

Parallèlement, et pour résoudre le problème à la source, le gouvernement a entamé discrètement, depuis quelques semaines, une réflexion pour la refonte de la structure des prix. «Il y a des aberrations dans cette structure qu’il faut absolument corriger», estime une source ministérielle. Les discussions s’annoncent d’ores et déjà ardues car les intérêts et les avis divergent, y compris entre les départements ministériels eux-mêmes. Un point qui suscitera certainement le débat : les prix de reprise payés par les distributeurs à la Samir. Un ministre s’étonne que ces prix soient indexés sur les cours des produits finis de la Bourse de Rotterdam et «qu’on rajoute en plus à la Samir, une marge de raffinage» en se demandant «où est la logique dans tout cela ?». Le débat promet d’être passionné !